Retour à Malataverne

Retour à Malataverne

Pierre Léauté

Éditions Mu

Retour à Malataverne

Merci beaucoup aux éditions Mu pour l'envoi de ce magistral récit.

Retour à Malataverne

Mon avis :

La pierre angulaire d’une littérature hors pair !

« Son baluchon jeté en travers du dos, Robert haussa le nez vers le ciel tempétueux. »

Écoutez l’écriture s’élever, superbe et posée, attentive à Malataverne, l’antre de ce roman majeur, enivrant et bouleversant.

Elle assigne à l’histoire en devenir, dans un corps à corps époustouflant. Chacune des phrases est diapason, terre qui se retourne dans l’orée des mots, les lieux dévorants d’un récit beau à couper le souffle.

« Il continua alors comme l’on rentre en pélerinage : il conférait du sacré à chaque détail insignifiant, chaque souvenir enterré avec lui... »

Robert Paillot, le revenant. Seize ans de prison, la jeunesse broyée, bandeau noir sur les yeux de ses quinze ans. Libéré pour bonne conduite, il revient dans son village à Sainte-Luce. Son père l’accueille dans le mutisme figé des porcelaines fissurées. Le drame a étouffé les élans, la pudeur du retour sur le seuil, les rideaux baissés sur les mélancoliques espérances d’une normalité à rude épreuve.

« Le père Paillot fronça les sourcils d’incompréhension, avant de jeter l’éponge. L’âge anéantit la curiosité tant il réduit le monde et le besoin de le cerner. »

Robert ressent l’animosité latente des villageois, de ses anciens compagnons d’enfance. Bouc-émissaire d’un passé tragique, l’innocent accusé à tort. On garde les mâchoires serrées, on frôle subrepticement les herbes à peine fauchées des rancœurs et des jalousies.

« Retour à Malataverne » ruines emblématiques, citadelle à reconstruire pierre après pierre dans l’orée des rédemptions.

« Sainte-Luce confinait au minuscule, une motte de tuiles et de pierres cimentées. »

Écoutez : « les fourmis n’y étaient plus ouvrières, non. Elles avaient renoncé et s’enterraient à l’abri de leurs grottes aux persiennes tombées. »

Le texte est majestueux, esthétique, de brouillard et de quête. Jean Giono, Henri Bosco, Bernard Clavel dont on pressent l’ombre reconnaissante, Pierre Léauté, ceux qui savent l’heure des bouleversements des êtres qui font symbiose avec la nature aussi rebelle soit-elle. D’aucuns fusionnent avec cette trame dont le régionalisme n’est qu’une copie pâle. Nous sommes dans une autre dimension. Il suffit d’observer Robert qui lutte contre les démons ceux du village. Caillou après caillou charriant l’amertume. Transfert : la sueur perlée sur le front pâle de Gilberte, son amoureuse d’avant et de toujours. Lui dédier l’effort en gage d’amour. L’orage gronde, lancinant et lugubre. L’étau se resserre immanquablement. Les chevilles encerclées par les fers ennemis, le village et ses trahisons, ses révoltes et ses non dits.

« Rumeur s’acharnait, inventait quand la platitude de la réalité n’offrait que peu de fantasmes à croquer sous la dent. »

Cette histoire profonde, grave est une double lecture. Les tragédies des fautes insistantes, le pardon est résilience.

« la famille est un rocher à l’ombre où il fait bon s’abriter. »

« Retour à Malataverne » alcazar fascinant et douloureux. Les secrets dans les murailles gorgés de lierre. Robert est de canicule et de glace. Révolté et tendre, pris au piège dans les folies dévoreuses et assoiffées d’un passé qui n’en finit pas.

« Mais l’homme aussi est un ravin. »

« Retour à Malataverne », l’emblème de l’homme avec ses nuances manichéennes et indélébiles est un récit fascinant, un chef-d’œuvre, un livre de salut !

Publié par les majeures éditions MU.

 

 

 

 

La pierre angulaire d’une littérature hors pair !

« Son baluchon jeté en travers du dos, Robert haussa le nez vers le ciel tempétueux. »

Écoutez l’écriture s’élever, superbe et posée, attentive à Malataverne, l’antre de ce roman majeur, enivrant et bouleversant.

Elle assigne à l’histoire en devenir, dans un corps à corps époustouflant. Chacune des phrases est diapason, terre qui se retourne dans l’orée des mots, les lieux dévorants d’un récit beau à couper le souffle.

« Il continua alors comme l’on rentre en pélerinage : il conférait du sacré à chaque détail insignifiant, chaque souvenir enterré avec lui... »

Robert Paillot, le revenant. Seize ans de prison, la jeunesse broyée, bandeau noir sur les yeux de ses quinze ans. Libéré pour bonne conduite, il revient dans son village à Sainte-Luce. Son père l’accueille dans le mutisme figé des porcelaines fissurées. Le drame a étouffé les élans, la pudeur du retour sur le seuil, les rideaux baissés sur les mélancoliques espérances d’une normalité à rude épreuve.

« Le père Paillot fronça les sourcils d’incompréhension, avant de jeter l’éponge. L’âge anéantit la curiosité tant il réduit le monde et le besoin de le cerner. »

Robert ressent l’animosité latente des villageois, de ses anciens compagnons d’enfance. Bouc-émissaire d’un passé tragique, l’innocent accusé à tort. On garde les mâchoires serrées, on frôle subrepticement les herbes à peine fauchées des rancœurs et des jalousies.

« Retour à Malataverne » ruines emblématiques, citadelle à reconstruire pierre après pierre dans l’orée des rédemptions.

« Sainte-Luce confinait au minuscule, une motte de tuiles et de pierres cimentées. »

Écoutez : « les fourmis n’y étaient plus ouvrières, non. Elles avaient renoncé et s’enterraient à l’abri de leurs grottes aux persiennes tombées. »

Le texte est majestueux, esthétique, de brouillard et de quête. Jean Giono, Henri Bosco, Bernard Clavel dont on pressent l’ombre reconnaissante, Pierre Léauté, ceux qui savent l’heure des bouleversements des êtres qui font symbiose avec la nature aussi rebelle soit-elle. D’aucuns fusionnent avec cette trame dont le régionalisme n’est qu’une copie pâle. Nous sommes dans une autre dimension. Il suffit d’observer Robert qui lutte contre les démons ceux du village. Caillou après caillou charriant l’amertume. Transfert : la sueur perlée sur le front pâle de Gilberte, son amoureuse d’avant et de toujours. Lui dédier l’effort en gage d’amour. L’orage gronde, lancinant et lugubre. L’étau se resserre immanquablement. Les chevilles encerclées par les fers ennemis, le village et ses trahisons, ses révoltes et ses non dits.

« Rumeur s’acharnait, inventait quand la platitude de la réalité n’offrait que peu de fantasmes à croquer sous la dent. »

Cette histoire profonde, grave est une double lecture. Les tragédies des fautes insistantes, le pardon est résilience.

« la famille est un rocher à l’ombre où il fait bon s’abriter. »

« Retour à Malataverne » alcazar fascinant et douloureux. Les secrets dans les murailles gorgés de lierre. Robert est de canicule et de glace. Révolté et tendre, pris au piège dans les folies dévoreuses et assoiffées d’un passé qui n’en finit pas.

« Mais l’homme aussi est un ravin. »

« Retour à Malataverne », l’emblème de l’homme avec ses nuances manichéennes et indélébiles est un récit fascinant, un chef-d’œuvre, un livre de salut !

Publié par les majeures éditions MU.