Demain, le jour 

Salomon de Izarra

Éditions Mu 

En librairie le 26 août

Merci beaucoup aux éditions Mu pour l'envoi de ce prodigieux roman.

Mon avis :

Splendide, dans cette orée fantastique, résolument virile et âpre, « Demain, le jour » est une gageure d’écriture hors norme. Ce livre dépasse tous les entendements, les risques et les plaintes. Il y a la loyauté des dires envers et contre tout. C’est un livre qui bouscule et donne à réfléchir. L’entre-monde où les signaux vifs, intuitifs, dévorent une double lecture travaillée en amont avec subtilité par Salomon De Izarra. Nous sommes dans un espace de torpeur, étrange, incertain, voire dérangeant. Ce livre, entre les latitudes des réflexions est une apothéose même s’il ne laisse pas indemne.

Polyphonique, caustique et acide, le récit est ténébreux et implacable. Mais quel chef-d’œuvre !

L’incipit donne le ton : « Curieusement, personne n’aime les salauds, mais il faut croire que les salauds aiment tout le monde. »

Paul Rudier est l’un des quatre protagonistes principaux, l’œuvre du mal en quelque sorte. Ce dernier est machiavélique, libre, et ses actes froids, destructeurs et calculés dévorent ce roman qui vous enserre. Sur fond d’histoire, d’alertes et d’évènements les narrateurs vont s’entrechoquer. La forêt est un symbole d’enfermement, d’oppressions et d’angoisses. Qu’importe ! L’heure est consignée au cadran des tumultes. Le récit enfle, crescendo, souffle noir sur les pages certifiées. Ici, vous avez nos vastes humanités, les fléaux des guerres, les mécanismes implacables, tenaces et intranquilles.

D’une haute intelligence, sombre, la trame décortique les diktats, les habitus, les folies humaines jusqu’au paroxysme. Nous sommes dans le labyrinthe parabolique des résurgences mentales. Surdoué, bien au-delà d’une littérature conventionnelle, ce livre est un hymne à la liberté d’écrire les profondeurs enfouies, ce qui se cache en chacun, cette part de mystère qui s’élève envers et contre tout. C’est un murmure, un bruit sourd, un livre macrocosme dont les degrés sont nos coexistences intérieures. Essentiel, car universel, dévorant d’humanité et sidérant de gravité. Dans une langue nouvelle, moderne, inventive, fébrile et précise, « Demain, le jour » est d’une lucidité radicale. Son premier devoir : celui d’interpeller le lecteur jusqu’à l’ensevelissement de ses peurs. Prestigieux et implacable, la traversée du miroir de nos errances et de nos erreurs dans un huis-clos où la claustrophobie est ignorée. À l’instar d’un macrocosme de notre monde dans ses plus vives terreurs, angoisses, fantasmes et manque d’air. Le manichéen de notre vaste humanité en lumière.

Sachez avant tout que Salomon de Izarra a fait une thèse de doctorat sur les enfermements. Voyez cette chance de lecture !

Après, « Nous sommes tous morts » et « Camisole » parus aux éditions Rivages, ce troisième roman est un lever de voile magistral sur les délitements de l’âme humaine. Un futur classique, un livre qui sera vite remarqué. C’est un outil indispensable pour tous les étudiants (tes) en littérature tant sa construction est une merveille. Une fresque littéraire, métaphysique naviguant entre le bien et le mal, grandiose et diabolique. Publié par les majeures éditions Mu.