Le don Kristina Gauthier-Landry Éditions La Peuplade
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Le don
Kristina Gauthier-Landry
Éditions La Peuplade
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Une litanie-chapelle, des myriades de mots, à l’instar d’oies sauvages en plein ciel.
Un marque-page insulaire entre deux vagues rémanence.
Ce texte, prose poétique, est à lire dans le silence.
Le recueillement de la beauté.
Ici, la vie est souffle, vérité, instant et décennie.
Une fille-femme-enfant, conte sa mère. La matrice, l’apothéose d’une filiation dans l’ultime rendez-vous mémoriel.
Sur une île, sans point fixe, le regard qui s’élargit, un paysage insulaire-encre, peau contre peau avec la chair de sa chair devenue.
Mère aux mille dons.
L’enfant cueille ce privilège, la lente et puissante explosion des sens et des sentiments.
Les attaches sans l’ancre jetée en pleine mer.
Cette immobilité qui spécule sur le regard.
« Tu possédais tous les dons sans le savoir, car personne ne te l’avait dit. »
L’existence d’elle (s), grand-mère, mère et fille.
La trace qui égrène le vent en plein nord de cette ville minière où sa mère devra composer avec ce qu’elle ignore encore, du silence des lieux.
« C’est un pays de sable, qu’elle dit la femme… Tu as vingt-ans et des poussières. »
Ce macrocosme est beau à pleurer. L’hommage pour sa mère, elle devenue.
Les dons à l’instar d’une transmission indicible. L’armoire générationnelle, où l’effusion vive est résurgence.
« Tu le suis comme on suit le vol d’une sterne. Fascinée. »
« Par temps calme on peut apercevoir des mirages flotter au-dessus de l’horizon. »
Kristina Gauthier-Landry est dans la posture majestueuse d’une écriture qui explore l’intimité et rassemble l’épars d’images et de souvenirs. Son père marin qui revenait après le périple tel Ulysse. Tout ici, tremble de ce don d’amour.
La fusion essentialiste, les rides qui savent, les voûtes de ces femmes, toit du monde et le cœur pour elle-même.
Ce livre irradiant, terre-mère, elle devenue mère, la transmutation dans la vigueur verbale, galaxie insulaire.
Ici, le regard se tourne vers la lumière intérieure, vers ce qui dépasse l’ordinaire.
Les dons à l’instar de plis sur les rideaux qui retiennent cette trame chaleureuse, enivrante, si belle qu’elle dévoile le mystère visible à l’œil nu.
« Sans toi le jardin n’existerait pas. Ou peut-être est-ce l’inverse. »
Lire à voix haute ce livre d’amour incommensurable. L’acuité à l’instar d’une fresque stimulante, qui remue la terre à mains nues.
« Quand le soleil brille d’une certaine manière, je sais qu’il est l’heure. »
Filles de mémoire.
« C’est mercredi et j’entends que s’effacer est encore digne de fierté.
« Le don » la prodigalité.
Œuvre coquillage, requiem, les miscellanées, où «les maisons font dos au rivage. Les amants meurent au large, les femmes de chagrin. Leurs filles ont le mal de mer. »
Femmes vénérables, livre de sable et de beauté, le don, un murmure qui se prolonge à l’infini.
Publié par les majeures Éditions La Peuplade.