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25 mars 2025

Aden ou la transparence de l'air Olmo Éditions Le Nouvel Attila

Aden ou la transparence de l'air

Olmo

Le Nouvel Attila

Sombre, radical, magnétique, « Aden ou la transparence » est dans une contemporanéité absolument urbaine, âpre et dévorante par sa proximité avec le lecteur.

Dans un frôlement vif avec Aden, « un lieu si beau qu’il fait mourir »,Aeden sur sa carte d’identité, à l’irlandaise, ce qui signifie « petit feu ». Comme sa mère décédée deux mois après ses six ans, le désirait.

Son père Ahmed, algérien, qui avait cinq ans lors du massacre du 17 octobre 1961 sur le pont Saint-Michel.

Aden est peintre. Sans argent, la passion au bout de ses doigts. Écorché vif, un homme rimbaldien sans rime poétique. Il ne sait pas. La douleur des toiles en pleine nuit et non dans le plein jour des galeries glorieuses.

Désaxé, mélancolique, torturé, entre les rives où il ne sait situer sa propre réalité.

Celle d’un homme funambule, noctambule, désabusé par les contraintes des faisceaux de la vie.

Libre, il se voudrait. Mais il est happé, entre les petites combines, les rencontres avec les fauves des nuits et des ruelles sombres. Et pourtant, c’est ici, le manichéen de ses regards. Entre les êtres éperdus comme lui, et les terribles, ceux qui frappent, usent et blessent avec qui du cutter ou du poing.

Il va régulièrement chez « le Caló » le Manouche emblématique qui «  a souvent des histoires à raconter sur chaque rue de la capitale. » « Je sentais parfois, quand ses yeux se posaient sur moi, qu’une nostalgie venait le déranger, qu’un souvenir se mettait entre nous et les heures du soir dans lesquelles nous nous trouvions coincés, tous les deux. »

La narration est dans cette prodigalité charnelle.

Amalia, son amoureuse, qui cherche dans Aden, le puits de lumière, envers et contre tout.

Lui, absolument instable, dans ses chemins de traverse. Ses quêtes dans un onirisme où il pressent que chaque chose, chaque être est une interpellation pour se situer lui-même dans cet axe qui annonce tout ce que le mal doit au bien.

Dans un périple où il tombe toujours dans les tréfonds, des traquenards qui laissent Aden éloigné de son prénom si édénique.

Son humanité est une chapelle isolée, une fleur unique. Inaccessible pour Amalia, « nous étions dans une forme singulière de vie, un essai, qui pouvait durer, se reproduire ou mourir sans que personne ne s’en souvienne jamais. »

« ...Ce sont ces secondes avec elle, à passer ces années dans un lit aux lattes cassées, sans avoir besoin d’autre poésie que sa prodigieuse manière de ponctuer les phrases. »

L’ombre et la lumière, lui, sa marginalité, elle, « je veux te faire un recueil de poèmes qui ne pourront être dits qu’une seule fois. »

L’amour impossible, Aden fragile et dévoré par ses plaintes, sa chair à vif, de coups et d’échecs. Lui, le peintre initié aux mystères du Duende, serait-ce le diable ou bien cette forme presque christique d’une collision avec ce qui nous dépasse ?

Ce roman tremble de compassion, de fureur de vivre envers et contre tout.

Ce serait à l’instar d’une philosophie qui n’a pas encore de véritable définition.

Aden invente en se mutilant, sa venue au monde en pleine réalité. La vision de sa conscience même.

Amalia est la percée du soleil. On ressent tout l’hédonisme d’un rai de lumière en ses regards. Aden qui perçoit « la transparence de l’air ».

Serait-ce l’authenticité? La véritable connivence avec les enseignements inculqués entre l’asphalte et les désirs, les souffrances et les vertiges ?

L’aptitude à la métamorphose, la renaissance dans cette ferveur métaphysique de se laisser initier parmi les vivants.

Livre d’automne et d’hiver, « Aden ou la transparence de l’air » est solaire et volcanique.

« Il faut apprendre à tout élever à l’infini. » « C’est comme ça que ça sent. C’est l’odeur de l’aube. »

« plus que le feu sur le pont des Arts, ainsi naissent les nuits vertes. »

Olmo aime regarder les étoiles, et ce roman est une preuve infaillible.

Publié par les majeures Éditions Le Nouvel Attila.

 E. L.

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