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29 avril 2025

Basculement-mère Irma Pelatan Éditions La Contre Allée

Basculement-mère

Irma Pelatan

Éditions La Contre Allée

« Mon récit, je le sais, sera plein de périls et de gouffres. »

 

La sonorité et l’ardeur d’un titre signifiant.

Unique, cet hymne-cantique a été écrit entièrement dans l’eau.

L’encre vague, transparence, flot, mouvement, « sur des carnets waterproof. »

L’initiation véritable, entre la pureté, la grâce et le sacre de la régénération.

Ici, tout prend place, autrement.

Le symbole premier, l’élément eau, l’horizon sans fin. L’écriture qui fait sens, nage et flottements, se laisser aller. Les rémanences sont des étoiles de mer-mère.

Ce texte bleu est une ode à la matrice, à l’étymologie d’une venue au monde.

La ferveur supérieure, la fulgurance des filiations gagnantes.

Irma Pelatan dédie les myriades aux amies, à elle, son enfant-mer, sable, île et parfum.

L’eau conditionne les mots, laisse venir le courant des abysses, là où tout se passe, dans une narration siamoise avec la création.

Le premier janvier 2020, la première lettre, le mot et  « le basculement-mère » est une femme qui se laisse dériver sur l’eau, magicienne-vénérable, femme altière, consentante à l’écho.

Carnets-allégories, le gué-cascade, chevelure brune qui flotte prête à l’accueil du verbe le mieux placé.

« Le lagon, sous moi, s’illumine, ramène les carangues, dans l’eau trouble du port.

L’irréalité me dure. »

Tous les lieux coopèrent, d’une piscine municipale de Saint-Maurice, l’Exil, Condrieu, Sète, Buenos-Aires, l’île de Thau…

L’alliance où le chant devient pacifique, langueur, et acuité.

Sœurs, amies, fillette-enfant-berceau, la litanie-sirène est pour vous.

Dévorante, fédératrice, Irma Pelatan est dans l’hospitalité d’une trame liante.

Écrire les gloires d’être mère, dans cette prodigalité d’écrire l’authenticité.

« Je ne serai pas ogresse, non. Je ne posséderai pas ma fille, notre fille.

Refus de l’effacement. Il y a Maman et Maman T. Il n’y aura jamais de mère biologique. »

« Moi, je suis la mère nourricière. Je mets tant d’application à être cela, nourricière. À lui offrit le sustento, l’aliment qui est soutien. »

L’éphéméride sans tombée du jour, inlassable, théologal, et splendide de féminité.

Les gestuelles des phrases qui glissent sur l’eau, migrantes vers elles et cette petite fille coquillage-algue.

Deux mères fécondantes, l’île-bras, tendresse, désir, le voyage marin vers l’une et l’autre.

Les mêmes ventres grottes, Atlantide et fertiles, métaphore d’une naissance sublime et indubitable.

« Je rêve pour elle, oui, d’une sauvage liberté. »

« L’effroi familier du fatal fatum des femmes de ma famille. »

Ce livre qui sait tout des immensités victorieuses, des alarmes et des veilles, qui offre comme on pose un coquillage sur l’oreille de l’enfant afin d’entendre la mer, les vérités altières et conquises, celles apprises entre la marée-basse des peurs, et la marée-haute des polyphonies-ancres.

« Basculement-mère » est un texte engagé et signifiant. « Être fille est force, petite, et le risque s’apprend. »

La poésie est un emblème, une reconnaissance, à l’instar d’une main qui caresse le front doux de l’enfance. Tout est symbole.

« Dans ce pli héroïque s’ouvre la métamorphose. »

Sans distance, la connivence innée, l’appartenance au même mouvement. Prévenir les maies, les sœurs, d’un possible rêve, seules, sirènes délivrées par cette voix marine qui encense la plus belle des littératures.

Transmettre l’oracle des défenses, le passage de la destinée avec vue sur front de mer.

Dans le vaste des piscines où la trame incandescente, en diapason, est femme-citadelle, libre incommensurablement.

Ne pas croire aux fonds marins, aux fausses pistes, Irma Pelatan donne la réponse.

Elle sème les herbes de mer, les posidonies, les zostères. Petite main, sa petite fille prend racine, saura pour demain, l’histoire des hommes et des emprises.

Poétique, boréal, salutaire, « Basculement-mère » est fascinant d’amour.

Une fresque d’eau où puiser l’énergie pour demain.

Litanie, barque et arche, l’héritage d’un horizon-miroir.

Étreindre la joie de lire en grand.

Sommer les violences de partir.

« Laisser la mer entrer. »

Apprendre à l’enfant les généalogies communes d’elle et d’elle, mère et femme, femme et mère. Lianes et soupirs, l’entendement des gestations allouées.

Lire Irma Pelatan est l’effet d’une grande vague salvatrice et essentialiste.

L’autobiographie de la vie, mère-mer, vertigineuse.

« L’eau est au cœur Pelatan. »

la couverture signée par Renaud Buénerd, « parvient toujours à nous ravir et à nous étonner. »

Ici, le haut du ciel.

« La voilà, l’eau idéale, l’épiphanie. »

Publié par les majeures Éditions La Contre Allée.

E. L. 

 

 

 

 

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