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11 mai 2025

Lettre de Natalia Gontcharova à Alexandre Pouchkine Cathie Barreau Éditions Quidam éditeur

Lettre de Natalia Gontcharova à Alexandre Pouchkine

Cathie Barreau

Éditions Quidam éditeur

La postérité épistolaire.

L’écriture toutes lumières éteintes, pour que sous la main, la plume qui crisse sur le papier, laisse l’effusion des mots s’échapper.

Natalia Gontcharova est dans l’ombre, assise, altière.

Le bureau d’Alexandre Pouchkine lui cède la place.

Alexandre se meurt. Blessé dans sa chair, son orgueil bafoué, lui, l’illustre poète russe.

Natalia somme les convocations ultimes. Les mots vacillent et pourtant, s’approchent du secret immanquablement.

La féminité close, lèvres cousues, elle interpelle ce qui aurait pu être de cette vie commune, mariée et prête à la rédemption nuptiale.

Si seulement, Alexandre avait vu en elle, une femme authentique, le plus beau catalogue du monde.

Mais sa froideur, son arrogance, ses frivolités et le déni de cette femme voluptueuse et digne. Il n’a pas su écrire les vers, le plus censé des poèmes d’amour.

Elle, si tremblante dans la visibilité et l’approche de la mort.

Le duel, l’effondrement dans l’obscurité.

« Tu t’es marié pour échapper à une vie déchirée, pour fuir la police et ta propre exaspération. »

« L’homme des promenades est venu, le visage brun, les yeux noirs, le cœur vivant. »

Cet homme qui élève Natalia dans la grâce, qui recense en elle, cette dignité, cette connivence des pas en accord.

Le soleil plutôt que le silence, l’osmose plutôt que le mépris.

L’étonnement qui affronte l’effroi des tendresses abandonnées.

L’inné des gestuelles en concorde qui étranglent les frigidités d’un homme sans regard.

Natalia somme les désirs, et plonge le poète dans ses retranchements.

Dans les vertiges des destructions.

Merveilleuse et sensuelle, intense et déchirante dans cette explosion des vérités.

Cette lettre absolue est jonchée de feuilles mortes.

Il aurait juste fallu, les sourires, les attentions, la joie sans les douleurs.

Les passions dans l’éphéméride des connivences, pour fusionner avec Alexandre.

Lui, cruel d’indifférence, sans clarté, égocentrique et fade, sans point d’altitude.

Natalia lui écrit. Lui dit pour leurs enfants, pour elle, ce qu’il n’a pas vu dans les marées basses et les soupirs.

Elle arpente pour lui encore un instant, tout ce que l’été aurait pu offrir comme chaleur et sueur, cercle et battements de cœur.

La compassion et les traductions charnelles, ce que l’on tait avec force lorsque tout devient trop beau.

Elle qui a rit de bonheur avec l’homme des promenades.

Elle, qui marchait, heureuse et inspirante avec cet homme des allées et des sous-bois.

Ce qui fut du sas, entre le soleil et le brouillard.

« Tout me vient maintenant, la mort imminente m’apprend la vie. »

Natalia, la narration même d’un être qui veut vivre, qui, « fus initiée à la paix au creux d’un lit, une nuit d’inondation, la veille du départ de l’homme des promenades vers son pays de taïga. »

« Lettre de Natalia Gontcharova à Alexandre Pouchkine » qui rend le présent vivant, qui somme Alexandre pour un instant encore, au devoir de l’amour.

L’éthique d’un antre bercé de simplicité.

Murmurer à Alexandre, pour le souffle dernier ce que Natalia voit entre le monde, elle et Alexandre.

Femme close, sans ruban rouge, d’un poète, ignorant des plus belles cartographies.

L’homme des promenades qui lui a offert « l’humilité savante ».

Promise à la prison, elle pressent l’océan de la mort.

Le Caucase dont elle ne pourra jamais parler la langue.

Alexandre Pouchkine dont « les doigts ne savaient pas donner. »

Cathie Barreau délivre le prix de la vie.

Une lettre cousue d’or et d’amour où la noblesse est triomphante.

Publié par les majeures Éditions Quidam éditeur.

E. L.

 

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