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6 mai 2025

The Ukraine Artem Chapeye Traduit par Nikol Dziub Publié par les majeures Éditions Bleu & Jaune

The Ukraine

Artem Chapeye

Traduit de l'ukrainien par Nikol Dziub

Publié par les majeures Éditions Bleu & Jaune

« Les gens sont magnifiques, même s’ils ne s’en rendent pas compte. »

 

L’éminente littérature.

Des nouvelles qui s’emboîtent, essentielles, puissantes, telles des poupées gigognes.

Il suffit d’un point virgule entre-elles, vitales, au plus proche de l’authenticité.

Remarquable, apprenant, dans une langue dévorante de sensibilité et d’exactitude.

On pénètre le seuil d’un pays emblématique.

Un territoire où les saisons, les contrées sans excentricité, insufflent une trame parlante.

Le panoramique humainement viscéral, l’héroïsme de la simplicité.

Les forces actives, le génie littéraire d’Artem Chapeye, ukrainien, né en 1981.

Son regard affûté, journalistique, lève les miscellanées de « The Ukraine, un livre socle, une référence devenue, qui est finaliste du prix BBC, livre de l’année en Ukraine.

Lire la préface rigoureuse et sincère, écrite en octobre 2024, dans les premiers mois de la guerre avec la Russie.

Pacifiste, engagé à la cause des siens, « The Ukraine » rend hommage à eux, à ceux et celles qui cisaillent le bleu du ciel et qui ne comprennent pas toujours les grands tourbillons des diktats idéologiques.

Les mélopées qui dessinent les traces existentielles. Les appartenances lancinantes pour une terre empreinte d’îlots intérieurs.

Un titre révélateur et reconnaissant.

« Des gens qui ont parfois des opinions politiquement incorrectes. Des gens qui sont revenus au pays après avoir émigré. Mais ces gens-là ne se contentent pas de parler, ils agissent.

L’important est que ces erreurs soient les nôtres. »

C’est ici, le point de départ des fragments réalistes. Des arrêts sur image, « The Ukraine », délicatement imagé dans une orée qui prend acte de notre compassion et de notre lecture attentive.

Artem Chapeye est en mission et rassemble l’épars.

Les morceaux d’architecture traquent le réel, les survivances, les rites et les ambiguïtés.

Il voit ce que nous ignorons, dans les maisons, les gestuelles, les regards et les attitudes toujours en lien avec la terre ferme.

Il nous invite dans l’espace même d’une littérature Babel, tant les fragments capturent les sacrifices, les pauvretés, les brassées d’épiphanie, et les solitudes altières. Il touche le cœur même de ce pays aux mille histoires, aux mille anecdotes.

Les reflets, les idiosyncrasies, les habitus et tout ce qui s’élève dans l’âme d’un pays, le jour comme la nuit, dans l’instant même où Artem Chapeye, dans le charme des nuances, est engagé aux siens.

Il déambule en moto, sur les chemins, des arrêts sur image, les nouvelles annonciatrices, prêtent à éclore.

L’écrivain, le journaliste, le citoyen, prend place sur le fil rouge d’une trame qui se révèle.

L’Ukraine, dans ses disparités, bien avant l’aube de cette guerre, murmure et bruit sourd, et qui se met à hurler.

L’écriture est opérative, dans une teneur exhaustive, sans jugement aucun.

Juste les faits et l’intelligence d’un homme qui comble l’intérieur de l’intérieur de son pays en souffrance.

Ici, il est question d’avant la guerre. Il voit ce que nous ignorions encore.

De ses rencontres des hasards, le pain partagé, sa magnanimité déposée sur les seuils des maisons. Il est le porte parole d’une nation.

Ces nouvelles sont des flambeaux, où la beauté, les endurances, forgent l’intensité du plus petit geste figé sur cette trame fidèle à « The Ukraine » sans lâcher prise, jamais.

« Ici, c’est l’Ukraine archétypale. Comme dans les vieux tableaux romantiques : des collines doucement ondulées, le long de la route des peupliers qui plient sous le vent dans un champ immaculé, tout autour d’innombrables bosquets, prairies, vergers, et dans chaque village un petit étang, avec dessus des oies blanches, et des saules verts qui courbent gracieusement. »

« Tout être humain se juge bon dans l’ensemble. »

« The Ukraine » offre dans tous les instants, la joie incomparable de découvrir ses vastes intimités.

Ce recueil salutaire, dans un rythme sociologique, politique, pétri de sentiments pour ce peuple meurtri dans sa chair actuellement, est une toile de maître.

La faculté d’empathie d’Artem Chapeye est exemplaire.

« Je le regarde et je me dis : la voilà, la vraie voix de l’Ukraine, le puits de la sagesse populaire. » 

Traduit à la perfection par Nikol Dziub.

À noter un glossaire et des notes en pages finales.

Publié par les majeures Éditions Bleu & Jaune

E. L.

 

 

 

 

 

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