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28 juillet 2025

Charpilles Valentin & Sacha Decoppet Éditions Bernard Camiche éditeur

Charpilles

Valentin & Sacha Decoppet

Éditions Bernard Campiche éditeur

 

« Il y a des textes qui ne devraient être que murmurés ou chuchotés. D’autres qu’il faudrait pouvoir hurler ou marteler. » Georges Perec. Penser/Classer.

 

« Charpilles » est essentiel et finement politique.

Valentin & Sacha Decoppet sont deux frères qui, ici, rassemblent leurs talents fascinants.

Valentin est écrivain et éditeur. Sacha est graphiste.

Ce livre atypique d’un format soupe, perforé de quatre trous sur le côté droit de chacune des pages et de la couverture est un double langage.

L’entrée même dans le monde du travail. On ressent un ouvrage en coopération et opératif.

Une archive sociétale en advenir.

Un document précieux et allégorique.

Doté d’un pouvoir créatif hors norme, original et bientôt universel.

Tant sa valeur humaine est un outil pour tous et toutes.

« Charpilles », lire, grappiller, regarder, saisir, soutenir, retenir.

Avancer dans une cadence dactylographique.

Suivre les traits, les graphiques, les cercles, les pointillées, les flèches et les mesures.

Des charpilles irrécusables et nécessaires.

Des morceaux d’architecture, tels des coups de maillet sur nos consciences.

L’esthétique créatrice est une gageure, où chaque mot fait sens, percute, et déclame un objet-livre engagé et crucial, douloureux et véridique.

Il symbolise les gestuelles au travail. Les ralentis, les accélérations, les chutes et les doutes.

Les larmes et souffrances dans une ponctuation où les signes, les renvois, les répétitions et litanies, le blanc insistant lourd de silence, consignent le mobbing.

Le harcèlement moral, l’exclusion mentale, les relations conflictuelles, les tensions, les drames d’évitement.

Ce livre est mobile, vivant. Signifiant, il est ostensible et devient un manifeste sociologique majeur.

Un outil pour tous et le fronton indubitable d’une prise de conscience urgente.

« Puis fin du / congé / maternité / retour au / bureau mais / changement de /bureau /ma remplaçante / m’a remplacée / je fais des cafés /des verres d’eau puis /rien /rien /rien des /jours sans /rien / je suis dans / un cagibi /mes chefs / m’oublient je / tourne en rond. »

« Pour calomnier il / faut un vrai / talent une /vraie /motivation / et surtout / une oreille complice un /assentiment /silencieux qui /autorise à /attaquer/sans arrêt / la même /personne /jusqu’à /tout /détruire c’est /un travail /d’équipe un /travail de /sape.

« Charpilles », des miscellanées dévorantes d’authenticité.

Dans les épreuves où les hiérarchies, les prises de pouvoir,

assignent les oppressions, le non travail, celui qui, bridé par les soumissions, les violences psychologiques et l’abus de pouvoir sont des poisons lents et une mort à petit feu. Tel, le collègue qui fait de son collègue, un bouc émissaire, son exutoire, le lâcher prise de ses frustrations. La violence gratuite en quelque sorte.

Les litanies, les mots répétés, tels des hommes et des femmes piégés par les diktats de racisme, de jalousie, de la suprématie masculine, le machisme, les invisibilités, les mépris, les médisances, les faits de mobbing à l’instar d’un boomerang reçu en plein visage.

L’obligation de silence, l’effacement, l’isoloir, les gestes déplacés, les agressions sexuelles, les souffrances psychologiques, jusqu’à la prononciation des pires sadismes.

Tout en nuances, en faux-semblants, la mesquinerie, le mobbing jusqu’au cœur d’une famille.

Ce livre est une mise en abîme absolument authentique. Que ce plaidoyer dépasse les non-dits, les peurs et les hontes.

D’utilité publique, familiale et personnelle, il devrait être déposé dans tous les lieux où se glissent subrepticement, les fléaux qui déshumanisent.

Ici, le panthéon qui cherche l’axe de la lumière.

Il n’a de cesse de combattre. Que « Charmilles » soit lu par tous les DRH, les cols blancs, les employés (es), toi et lui, elle et eux et moi, celles et ceux qui frôlent les murs, tant la peur d’anéantissement, d’annihilation, d’expiration est immense.

« À la fin tu / abandonnes / parce que ça ne sert à / rien d’être / seul /dans une équipe.

Publié par les majeures Éditions Campiche éditeur.

E. L.

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