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Bons baisers de Tanger
Melvina Mestre
Éditions Points
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« Bons baisers de Tanger » est une carte postale de Tanger en 1952.
Un livre qui déploie un parchemin particulièrement réussi.
Un film à ciel ouvert.
Dépaysant au possible, garant d’évasion, dans une originalité extrême.
Une enquête d’espionnage dont Melvina Mestre déploie avec brio l’intrigue.
On ressent d’emblée une ambiance colorée et vive.
Nous sommes dans une ville cosmopolite.
La capacité de Melvina Mestre qui délivre ici, son troisième opus, après :
« Crépuscule à Casablanca » et « Sang d’encre à Marrakech ».
Une plongée trépidante dans le milieu de la pègre, des malfrats.
Gabrielle Kaplan est une héroïne majeure.
Missionnée par la SDECE afin de retrouver un truand marseillais, un assureur disparu.
A-t-il été tué ?
« Dans le doute, il fallait qu’elle se comporte comme si elle était redevable au caïd, et sous sa protection, tout en gardant ses distances. La pègre corse et le réseau des contrebandiers de Tanger étaient suffisamment difficiles à infiltrer.
Kaplan savait qu’elle avait la faculté d’inspirer confiance. Autant en profiter. »
Les scènes au ralenti, posé, descriptif et réfléchi. Tout est matière pour le lecteur.
Plus qu’un roman d’espionnage, sa finesse d’analyse, les habitus, l’idiosyncrasie d’une époque dont dévoilés dans un même tempo que la géopolitique et la sociologie.
Tanger est une ville tentaculaire et ses habitants sont ployés sous les affres des petites et grandes combines d’une mafia qui fait de la contrebande de cigarettes et tutti quanti.
Entre les collabos qui se cachent et les truands, règne Manouche, une femme qui tient un restaurant. Lieu de tous les bandits.
Elle est plus qu’un personnage, mais une figure véritable d’un Tanger d’avant.
C’est une pièce maîtresse pour la filature de Gabrielle Kaplan.
Cette dernière est née à Salonique et elle est israélite.
Cette enquête est un enjeu d’identité pour elle et sa famille.
« Vous avez choisi la France et en vous installant au Maroc, n’est-ce-pas ? Vous auriez pu aller ailleurs. En Espagne, en Amérique du Sus, en Israël, ce nouvel État juif, que sais-je encore ?
Engagez-vous à nos côtés. Vos parents vivent à Paris, n’est-ce-pas ? »
« Vous travaillez pour nous, et en échange nous vous accorderons à vous et à vos parents, de beaux passeports français en bonne et due forme. »
« Bons baisers de Tanger » est un lever de voile perfectionniste sur une ville mythique.
Melvina Mestre est née à Casablanca.
Ce roman respire par son magnétisme et cette plume aguerrie qui balaye tous les angles et les recoins d’une ville en mutation et enivrée d’une délinquance des hautes sphères.
Divertissant, apprenant et mené d’une main de maître. C’est un livre d’évasion dont la double lecture plaira aux férus d’espionnage.
Publié par les Éditions Points.
E. L.
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