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5 août 2025

Je déménage Noël herpe Éditions Le Nouvel Attila

Je déménage

Noël Herpe

Éditions Le Nouvel Attila

Contemporain, au plus proche du prochain « Je déménage » met en exergue le déménagement dans toute son idiosyncrasie.

Noël herpe délivre dans ce récit personnel et singulier, son expérience au jour le jour depuis sa décision de quitter son antre, une boutique qui fait office de lieu de vie.

« Au vacarme du trottoir, s’ajoute celui d’une poubelle, qu’on traîne pour la ranger.

Des gens discutent dans le couloir. Des portes claquent. En l’espace d’une seconde, je prends le parti de déménager. »

Néanmoins, peu à peu, Noël Herpe laisse glisser son bien-être vers un lâcher prise, depuis la séparation avec Cyril, il y a six ans.

Rompre le lien avec sa maison n’est pas anodin. C’est un bouleversement intérieur.

Faire le deuil de ce qui fut.

Dans cet antre devenu humide et vieillissant, mais gorgé de livres.

Un appartement-coquille où la personnalité de l’auteur est le décorum même, un univers intime et atypique.

Noël rencontre des agents immobiliers. Il passe de l’un à l’autre ou l’une. Vendre son appartement au rez de chaussée est avant tout une posture de la perte de lui-même.

Laisser les émotions, surjouer le pragmatisme.

« Avec leur cravate bien propre et leur attaché-case, leurs chaussures qu’un bout pointu préserve de se plier à la convention. On m’assure qu’il faut découper les lots et les vendre séparément, cela me rapportera plus d’argent. »

Redéfinir une perspective, prendre racine dans cet exceptionnel et unique projet.

Retracer les plans, chercher la correspondance, l’inné.

« J’aime pourtant ces fenêtres qui s’ouvrent sur d’autres vies, ces rêveries qui se relancent, à chaque quartier que j’arpente en imagination. »

« La recherche d’appartement correspond à une structure de mon esprit. »

L’introspection, la corrélation, fusionner avec les attentes, les désirs de retrouver les mêmes optiques.

Déambuler dans les quartiers, chercher le Graal, du Marais, aux souhaits, aux mêmes flux, d’un habitat gémellaire.

Se projeter, arpenter, réfléchir et s’étonner de la prochaine vue sur le monde.

Quadriller plan en main, les ruelles et les recoins, les futurs voisins, la vision d’un avenir.

Les angles et les éveils, un jeu de miroir sur la conscience.

Les décisions, échec et mat. Étreindre la justesse du moment même où, la maison qui attend un hôte, sera la sienne.

Passer au-delà des diktats, des conventions, les visites des habitats, as de pique ou de trèfle.

Ressentir la pierre à main nue et le regard qui file par la fenêtre.

Ici, nous sommes dans l’authenticité même.

« Il me faut des bornes pour contenir une rêverie qui pourrait se poursuivre éternellement. »

Le défilé des appartements, des suppositions. C’est plus qu’une aventure, mais l’ultime séparation avec le passé.

Le choix spontané, le déclic, avant la réussite.

Pressentir un F3 de concorde avec le vendeur (euse). Tout est dans la ferveur d’une confiance.

Le déroulé d’une transmutation commune à tous et pourtant si particulière.

Tant Noël revient sur les traces de sa jeunesse. Des points fixes pavloviens qui redorent la quête d’un Alcazar à bâtir. Le choix si difficile. Reprendre la main sur soi-même.

Il imagine son espace avec ses amis. Le jaillissement des retrouvailles.

Le côté pratique, matériel, et culturel.

Créer des liens, être en osmose avec le battement de cœur de son futur appartement.

Tout est ciblé, le coup de cœur, jusqu’à la fin de non recevoir.

Nous cheminons dans la symbolique d’un déménagement dans toute son intimité.

Presto, Lento, Vivace, Largo, Coda, du tri jusqu’au miracle d’une bibliothèque qui se prend à aimer les nouvelles étagères et le glacé blanc des murs.

Ce livre aux mille confidences et sociologique est l’incantation du mouvement.

Un lâcher prise avec le présent. L’écriture qui s’épanche est le déroulé d’une existence d’exception.

Noël Herpe est réalisateur côté ville et il publie des livres « où l’autobiographie le dispute à la chronique. »

Un artiste révélé qui pose ses échéances et fait face au vent de l’ordinaire.

Noël Herpe apaise une trame qui se voudrait d’effort.

Le style est mélodieux et mélancolique, doux et superbement patient et réfléchi.

La main d’un poète du concret et de l’attention au moindre papier dans un tiroir.

Le réel jusqu’au toit de l’antre qui va advenir.

L’épreuve puis la joie d’une signature qui scelle ce qui va recommencer. Autrement.

Les liens et les espaces intellectuels, les nostalgies spéculatives.

Être dans le monde et situer sa vie sur le plan d’une ville.

Prendre le train et se laisser aller.

Ce témoignage sincère est une cartographie presque universelle tant elle touche l’humain que nous sommes.

« Dans l’obscurité, auprès de ce garçon, je cherche avec Claudel et ses phrases désespérées, un lieu où me tenir. »

« La forme d’une ville change plus vite hélas que le cœur de Noël. »

« Ce tableau de Paris a été achevé de rédiger rue Saint-Paul, le lire rue d’Endoume, d’éditer rue des Pyrénées. » Par les majeures Éditions Le Nouvel Attila.

E. L.

 

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