Non d'un animal Antoine Mouton Éditions La Contre Allée
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Nom d'un animal
Antoine Mouton
Éditions La Contre Allée
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« Si j’avais soulevé le mot travail, j’aurais trouvé mon père. »
« Nom d’un animal », l’altitude d’une écriture qui œuvre en générosité, d’une voix douce.
« Je cherche un travail docile, aimable, et souriant. »
Un antidote à l’effort, aux éreintes.
Trouver sa place dans ce monde de labeur, avec ce qui fait sens.
Le travail dans toute son idiosyncrasie.
Un livre inestimable, prêt à changer la donne.
Le combat pour s’affranchir et dans cette orée, où le regard affûté d’Antoine Mouton est une garde exceptionnelle.
« Est-ce que l’économie a été un esprit critique ?
Est-ce qu’elle mange à sa faim ?
Est-ce qu’elle dort sur ses deux oreilles ? »
« Le chômage ensauvage ».
Ce texte engagé déploie la constance du présent.
Le déroulé d’une contemporanéité qui excelle de finesse.
Une analyse jusqu’au seuil de l’antre de tous et de toutes.
Ce père emblématique, nom d’un animal, et la table de travail où ce récit introspectif, devient la plus véritable scène opérative.
Chercher un travail, sentir le poids des contraintes. Les quatre saisons d’un labeur qui traque les réfractions.
« Je cherche un travail sans amertume, avec des mots boisés à la fin. »
ce livre sublimement poétique, est l’honneur d’une compréhension riche d’altruisme.
Ici, tout est assigné, surligné, jusqu’à la polyphonie où les épreuves seront dites à voix haute.
« Je rêve puis je dérive / Je crie puis je décris / Aujourd’hui je renonce au bonheur. »
le grand catalogue sociétal et profondément humain qui cadre, dénonce, rend justice, dans une ampleur nécessaire pour autrui.
L’exigence qui regarde pour retranscrire la force des mots.
Le quotidien quadrillé entre les fragments. Des matins qui cherchent à s’abreuver, tout dire et ne rien lâcher.
L’écho des constats, des bouleversements, une agence de travail qui se remodèle toute en compassion et magnanimité.
Une analyse décisive dans un héroïsme sociologique et digne.
Ici, l’anonyme prend place. Parle. Donne la parole à son double cornélien.
Rien n’est laissé sous la pile de papiers.
La narration travaille pour le bien commun.
« Les gens soleil couchant / les gens soleil levant. »
« Ils se bousculent dans les rayons les gens de la rosée, les gens du chien et loup. Ils font le tour du cadran. »
« Témoignage : à l’entretien d’embauche, j’ai compris que j’avais de la valeur. Mais j’ai réalisé aussi qu’on pourrait bientôt m’échanger. »
« Seulement être / le sentiment de seulement être / le sentiment d’un fil de suspension au-dessus du monde / et l’effleurant c’est vivre. »
« Alors parfois pour décoller un employé qui s’attache, j’utilise un autre employé. »
L’heure arrêtée au cadran d’un manifeste dans l’axe de l’authenticité.
On sait ce texte pour nous, dans cette ferveur spéculative.
La justesse d’un regard affûté sur le monde du travail, les gens, qui sont ici, le bréviaire de toutes les attentions.
L’incarnation d’une œuvre militante. Finement politique, les entrelacs, où le documentaire, l’enquête, l’intime et le vaste fusionnent.
Rassembler l’épars, faire union.
Étendre le mot travail à l’instar d’un linge blanc claquant au vent.
Être en face à face avec une activité et arracher les mauvaises herbes.
La littérature, ici, est l’ampleur de la réalité.
Les géographies sociales, hommes et femmes, tels des engloutis.
« Pleurer au travail / mais rire au lit / et s’endormir en chemin. »
« Nom d’un animal » des miscellanées irradiantes et salvatrices.
Un livre qui berce les soupirs et redore la joie de l’existence.
« Qu’est-ce qu’on apprend quand on suit le cours d’une rivière ?
Je serai l’élève de l’eau. Ou le stagiaire d’une averse, si je manque de temps. »
« Un jour quelqu’un m’a dit dit : on ne sait pas tout. On ne sait pas tout car tout le monde n’est pas encore arrivé. »
Prendre appui, ne pas dévier, se laisser guider dans « Nom d’un animal ».
Comme le dit si bien, Les Éditions de La Contre Allée en pages finales : Antoine Mouton nous aura une fois de plus permis d’avancer et de réfléchir à l’importance des liens qui se tissent et qui guident nos choix dans un labeur quotidien. »
E. L.
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