Quitter la vallée Renaud de Chaumaray Éditions Gallimard
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Quitter la vallée
Renaud de Chaumaray
Éditions Gallimard
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« Quitter la vallée » est le visage du Périgord.
La vallée de la Vézère en apogée.
Un roman dont les parois rocheuses d’un terroir répandent au cœur des habitus, des paysages, l’urgence de l’émancipation intérieure.
Trois récits qui s’entrecroisent habilement, furtivement, dans l’orée des sentiments, des approches, qui seront tout au long de cette magnétique histoire, ce que d’aucuns vivent.
Échapper à l’homme, le père, le mari de Clémence. Les violences conjugales, la peur au ventre. Son jeune fils dans les bras, elle fuit.
Le refuge dans les profondeurs d’une région qu’elle va réapprendre à connaître.
Dans ce Périgord noir, inspirant ou rebelle, une biche traquée, détruite mentalement.
Ses angoisses sont un manifeste de douleurs.
« Cette destination sauvage et paisible avait été un choix judicieux. »
« Elle avait décidé que cet endroit ferait un refuge idéal pour Tom et elle. »
La nature farouche et secrète semble le portrait de Clémence.
Ici, dans cet antre, où elle apprivoise l’après et berce l’enfant de ses soupirs et espoirs.
Jusqu’au jour où Tom disparaît.
Serait-ce ce vieil homme intriguant, qui tel un fantôme l’observe et laisse ses empreintes boueuses sur le seuil de sa grotte matrice ?
Cette vision cauchemardesque, lui fait penser au pire.
Le deuxième fragment prend place.
Peu importe l’ordre assigné. Le roman est une échappée en trois gammes captivantes.
Johanna est une jeune femme qui va avec son père Fabien, qui travaille à Lascaux IV, découvrir une grotte. Plus que cela, c’est une scène et de découverte historique, magique et une fusion.
Cette grotte riche de sens, de mysticisme, dans le sombre virginal, semble le trait d’union entre un père et sa fille.
Le sacre d’une passion pour Fabien et pour Johanna l’espace d’une lumière intérieure.
Ce roman surdoué et appliqué est de force et d’envergure.
La définition même de la nature qui s’emmêle avec les êtres qui gravitent dans les pages absolument réalistes.
Un film à ciel ouvert.
Le troisième fragment est le fil rouge de ce récit qui peint une région de ses palpitations intérieures.
Guilhèm est un jeune homme qui travaille la terre, un paysan dans le plus noble des hommages.
Introverti, criblé de complexes, il va fortuitement rencontrer Marion à un mariage.
La danse des cygnes, lui, le noir, et Marion une colombe majestueuse.
La dualité. Les contraires assemblés. Elle est intellectuelle, brillante, dans une sphère qu’il méconnaît et dont il ignore tous les codes.
« On devrait toujours voir ceux qu’on aime de dos pendant une heure. »
« Tu prends le temps de me faire visiter des endroits magnifiques. »
Marion, venue du pays Basque, qui approuve la déambulation en canoë.
Le point ultime où « Quitter la vallée » devient une allégorie.
« L’homme n’est rien d’autre que son projet. »
Ce récit proclame les radicalités des frustrations de l’homme.
Les douleurs liées à la perte de l’estime et de l’espérance.
La grâce parentale, l’excellence relationnelle.
Sombre et lumineux, cette canopée d’une région qui prend part à cette trame particulièrement humaine et charnelle est un personnage qui évolue entre les pages.
Sournoise et belle, digne et si prégnante qu’elle active le déroulé de ce roman.
Renaud de Chaumaray conte d’une voix douce sans omettre les feuillages changeants au gré de l’évènementiel.
C’est une gageure, un territoire peint par un écrivain de renom.
En lice pour le prix du roman FNAC 2025. Publié par les majeures éditions Gallimard.
E. L.
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