Transhumances Bilguissa Diallo Éditions Elyzad
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Transhumances
Bilguissa Diallo
Éditions Elyzad
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Une fresque terriblement humaine.
« Transhumances » lève le voile sur la Guinée en proie au drame à Conakry en septembre 2009.
Une manifestation pour dire non, « au destin confisqué, non à l’histoire qui se répète sur le continent, non au fatalisme, non à la médiocrité. »
Le stade est de ferveur, d’espérance et la jeunesse semble une colombe en plein ciel.
Cellou Dalein Diallon un ancien premier ministre, Sidya Touré qui dirige un parti d’opposition. Tous sont ici. Jeunes et moins jeunes, femmes et jeunes filles en ordre, convaincus de leurs forces et de la mobilisation de concorde vêtue .
Cinq amis également, le fil rouge de ce récit. Tels des théophanies, des arceaux de paix et de splendeur.
Mais ce sera l’échec. L’armée va fondre sur cette foule, sur ce peuple qui ne quête que la paix et la liberté.
Tuer avec détermination l’impossible bonheur. La jeunesse fauchée en plein vol. Les chemises rouges de sang, violer les jeunes femmes dans les vestiaires.
Sans relâche, le stade qui agonie, pleure le massacre de trop.
« Transhumances » prend place.
Cinq, puis quatre, seuls de retour.
Cette juvénilité, broyée, lacérée, et les déchirures pour l’infini.
Les stigmates, corbeaux noirs, Adama, le symbole le plus vif et tenace.
Celui qui enserre ses amis et la cause immense du désespoir.
Le courage, l’ombre et la lumière.
Comment aimer dans ce pays ? Comment étreindre les jachères fleuries ?
Ils se sépareront. Pas maintenant. Pas tout de suite. Bientôt.
La destinée à l’instar d’un choix ou d’une épreuve. Transhumances et les routes qui de Dakar à Conakry, la France, sera-t-elle la terre d’accueil en advenir ?
« Il était ce type de Français à qui on demande d’où il vient, ce qu’il fait dans ce pays, ou encore celui qui, parmi tout un groupe, est systématiquement contrôlé par la police. »
« En France il était un Français diminué, en Guinée, un Guinéen augmenté. »
« Ce qui l’a toujours frappé en Guinée, c’est cette sensation de violence imminente. »
« À Conakry, tout le monde connaît de près ou de loin une victime, un blessé, une femme souillée. »
La Guinée est de cesse vulnérable, prête à exploser.
On ressent dans cet immense récit géopolitique et de résistance de Bilguissa Diallo, une analyse tirée au cordeau.
Les respirations de la Guinée entre le bien et le mal.
Le pouvoir d’un texte qui rend hommage aux siens, au monde meurtri.
L’ubiquité, lorsque les hommes et les femmes s’envolent vers un ailleurs.
Sans même savoir les codes du futur.
« Awa se réveille chaque matin, les boyaux tordus, incapable d’avaler quoi que ce soit. »
Le peu d’énergie, suffit au tremblement intérieur.
Ce livre émouvant, éminent, sublime de sentiments, est une cartographie cosmopolite.
Tant la trame est universelle et prend part dans chacun des espaces de notre terre.
« Transhumances » exprime d’une voix douce mais déterminée la lutte pour la justice et les drames collatéraux.
Le devoir de mémoire et les souffrances incommensurables de ne plus appartenir au soleil et à la joie, la tendresse et la naissance d’enfants dans une corbeille humaniste.
Comment bâtir un avenir ?
L’amour comme un acte de résistance.
Mais l’antidote se meurt et les vulnérabilités tenaces sont des infinies blessures à l’âme.
Pardonner ou se venger ?
L’écriture de Bilguissa Diallo est engagée, la chair même de cette jeunesse qui ne trouvera pas la résilience.
La traversée des affres d’une humanité prise en tenaille.
Ce livre fondamental, finement politique est la fenêtre des exils intérieurs.
« Transhumances », la gloire d’un style littéraire qui remet d’équerre la vérité sans relâche.
Publié par les majeures Éditions Elyzad.
E. L.
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