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15 septembre 2025

L'Empereur du Portugal Selma Lagerlöf traduit par Elena Balzamo Éditions Les Argonautes éditeur

L'Empereur du Portugal

Selma Lagerlöf

Traduit du suédois par Elena Balzamo

Éditions Les Argonautes éditeur

Incandescent, un pur roman d’une beauté inouïe.

Un grand classique virtuose et vertigineux de Selma Lagerlöf, la première femme à avoir reçu le prix Nobel de littérature, en 1909.

« L’Empereur du Portugal » est le génie littéraire.

Une chance de lecture dont le regard expose à la grâce de se sentir au plus proche d’une écriture douce, qui élève le rideau sur une histoire sublime d’humanité et de grandeur.

Publié en 1942, son altitude est-elle, qu’il est de nos jours tout aussi lumineux.

« Les années avaient beau se succéder Jan Anderson Skrolycka ne se lassait jamais d’évoquer le jour où la fillette était venue au monde. »

Mariée avec Kattrina, pour souder leurs forces et surtout pour changer de travail.

Quitter Erik de Falla le riche propriétaire terrien et passer d’une ferme à l’autre en toute liberté. La domesticité sans une emprise unique.

Il attend la naissance de leur enfant. Seul, dehors, dans le froid, durant de longues heures. Il médite et redoute ce petit être. Désespéré, il ne pèse que les contraintes.

Sa vue est brouillé par ce qu’il ignore encore.

« Jusqu’ici on s’en est plutôt bien tirés… À présent, elle va devoir rester à la maison pour s’occuper du môme. »

C’est sans compter sur ce petit oisillon qui va faire battre son cœur, une nouvelle fois.

À l’instar d’un astre de feu. Cette petite fille va transformer Jan à jamais.

« Car celui dont le cœur ne bat ni de joie, ni de chagrin, n’est pas un être humain au plein sens du mot. »

Protecteur, aimant, il est le printemps, la fraîcheur, malgré la rudesse d’une époque ployée sous le joug d’un labeur sans fin et d’une pauvreté exacerbée.

Jan est touchant par sa tendresse, lorsqu’il attend sous la pluie, le premier passant dont le nom sera celui de l’enfant.

Le roman tremble d’humilité sous sa canopée.

Lorsque les gens de Duvnäs proposent d’emmener la fillette qui, dans les bras de son père se rend à la messe de noël.

Son refus et cette phrase monde : « J’ai cru que c’était Hérode, le roi de Judée, et sa femme Hérodias. »

Voyez la ferveur de cette trame devenue légendaire.

Le règne d’une enfance souveraine. Klara Gulla, intelligente, vive, merveilleuse de sentiments.

Fusionnelle avec son père, réfléchie et mature, dans cette aura plus forte que la vie.

On prend des forces, on adhère à ce charme spéculatif.

« Si elle pouvait porter une tenue digne d’elle, cette enfant serait aussi magnifique que le soleil, car depuis sa naissance, elle est le soleil de notre vie. »

Jusqu’au jour où Klara Gulla quitte la maison, dans l’aube de ses quinze ans.

Gagner de l’argent pour ses parents ; sinon ils devront partir de leur maison, car le terrain ne leur appartient pas.

Les idiosyncrasies d’une Suède tellement soumise , sous les prismes encore féodaux, charrient les pénibilités, les contraintes et les dépendances aux plus riches.

Klara Gulla laisse  son père face au vide abyssal.

Le bleu de ses yeux fond. Il devient une plante qui se meurt. Il s’étiole.

Sa femme et lui-même attendent une lettre. Des nouvelles avec parcimonie effleurent le sacrifice du manque.

Jan est devenu l’Empereur du Portugal qui patiente en se métamorphosant dans un mythe de supériorité.

La filiation souveraine, Klara Gulla est une reine qui œuvre pour les siens.

Elle n’est pas les non-dits, les commérages, serait-ce cette fille qui fait don d’elle-même par la mauvaise case ?

Son père est la proclamation du chagrin, d’une folie qui masque les douleurs infinies.

Il est le désespoir et la prononciation des souffrances.

Dix-huit ans sans retour.

La narration vertigineuse déploie l’importance des mirages.

Klara Gulla reviendra-t-elle  avant la scène finale de chef-d’œuvre ?

Poignant, la Suède entre ses paysages intérieurs, l’attachement fascinant et exemplaire d’un père pour sa fille,

l’Impératrice du Portugal et la plus allouée des thématiques humaines par une grande dame de la littérature.

Traduit à la perfection par Elena Balzamo, spécialiste des littératures scandinaves et russe.

Publié par les majeures Éditions Les Argonautes éditeur.

E. L.

 

 

 

 

 

 

 

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