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4 septembre 2025

Les nuits d'argile Gaëlle Heureux Éditions Antidata

Les nuits d'argile

Gaëlle Heureux

Éditions Antidata

D’une haute contemporanéité, « Les nuits d’argile », en dix-huit nouvelles sont le reflet de nos quotidiens.

Elles enserrent l’argile, cette matière noble qui peut se briser en nos mains.

Tout va très vite, dans le cœur des scénarios. Entre la douceur de ton et sous les faux-airs, l’acidulé des travers sociétaux ou intimes.

« Compatibles », « La Donadieu est morte cet hiver. »

La narratrice, juste divorcée, qui note dans chacune de ses rencontres masculines, un compte-rendu sur ses rendez-vous.

Compatibles ou pas ? Vaste question et retour du boomerang.

Acerbe, cette nouvelle propulse la peur de la solitude et l’incongruité des critères de sélection.

Ne pas finir comme La Donadieu, surtout.

Les nouvelles sont des fuites d’eau qui débordent des gouttières.

Souvent tendres, humoristiques, absolument remarquables.

Elles sont l’effigie du clown blanc, qui remet d’équerre toutes scènes burlesques.

Écrire en peu de mots, les frustrations, les aberrations, le côté Diogène est ici, le summum.

« Les nuits d’argile » entre la tendresse et le manque, les désirs et soupirs, la cruauté des mirages. C’est ici, que ce livre prononce son fil rouge.

« Chaque nuit une œuvre naissait ainsi sous mes doigts agiles, pour s’évanouir à l’aube. »

Ici, dans ce fragment qui porte le titre de cet écrin, la sidération du désir jusqu’à la chute.

« Au bac à schampoing » lorsque le narrateur pense à Bernard Pivot interrogeant Marguerite Yourcenar, l’ampleur littéraire qui somme ce que d’aucun prononce au bac à schampoing.

« Oui. Vous savez la belle phrase de Cocteau : qu’est-ce que vous emporteriez si la maison brûlait ? J’emporterais le feu. »

Les nouvelles sont des gammes qui virevoltent et se posent sur nos consciences à l’instar des hirondelles.

Le rare par la force créative. Loin des banalités d’une conversation dans un salon de coiffure.

Ici, pas de paroles vides, mais le sens.

Le vrai, celui qui propulse l’intelligence dans un chemin de connivence.

« Les nuits d’argile » sont des lâchers de crayons de couleur.

Tant pis si les mines se cassent. C’est ici, que nous entraînent, Gaëlle Heureux.

Entre « Le grizzli », et « La montre », l’efficacité inégalée d’une écriture originale et savoureuse.

Au plus près de l’humain, l’immense pièce magistrale, entre les sourires et les larmes.

La polyphonie de la vie.

Publié par les Éditions Antidata.

E. L.

 

 

 

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