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18 septembre 2025

Où subsiste encore ton écho Aline Angoustures Éditions L'Incertain

Où subsiste encore ton écho

Aline Angoustures

Éditions L'Incertain

L’éminente littérature !

Un chant désespéré, magnifiquement bien écrit.

« Où subsiste encore ton écho » est un roman qui touche à la mémoire, à l’ubiquité et à la filiation.

Sommes-nous ce que nous sommes ?

Cette auto-fiction est un cri du cœur.

Aline Angoustures dépeint Téhéran, son enfance d’expatriée, de par ses parents.

Elle conte sa mère, ses errances mélancoliques.

« Mais rien de tout cela chez les expats. Il y avait des domestiques. La bonne (on disait la badji), faisait tout dans la maison… Je passais beaucoup de temps avec elle dans la cuisine, et elle me faisait profiter de sa pause pour lire l’avenir dans le marc de café. »

La narratrice, Jeanne, est dans l’orée où les expériences de sa vie-même, sont des souffrances abyssales.

Son fils, un jeune adulte, se drogue.

Loser, agressif, elle perd pied. Les vacillements d’un quotidien dont son fils est l’épicentre.

Pas de bonheur possible. Elle ne sait que faire.

Démunie, elle sent en elle, l’écho des douleurs, le rocher de Sisyphe.

La Bretagne est son île intérieure.

L’échappée avec son amie qui va mourir, pas maintenant, pas tout de suite, dans pas longtemps, dans l’écho de la finitude.

Le centre de thalassothérapie dont elle apprivoise les soins. Son corps, tel un coquillage qui laisse l’eau l’envahir. L’urgence vitale.

Jeanne rencontre un homme, son double cornélien, sur le bord de la plage.

Là, où elle puise les embruns et les soupirs, l’instant présent, des mots sur les maux.

Jeanne, une mère pour son amie.

«-Oui ? À quoi penses-tu Jeanne ? -À toi. Au fait que tu es ma mère, ma véritable mère. »

Ce plaidoyer puissant arrime ce que chacun (e) porte de chagrins, de désillusions.

Tout reprendre, saisir la balle au bond. Mais comment être soi-même lorsque son fils crie sur elle ? Des échos infinis qui jaillissent de son corps. Ressacs et déferlantes, puiser dans l’écume, la force du courage.

Seul, son corps répond présent. Les vagues, des soins lagunes, des caresses mentales.

Tout changer. Apprendre les cartographies, les mirages qui semblent arrêter ce flux d’efforts pour survivre à elle-même.

« J’ai l’impression d’être devenue son esclave, j’ai peur qu’il passe à l’acte. »

« Être mère dans la littérature scientifique, c’est prendre cher. »

« - Mais qu’est-ce que vous fuyez ? - Un échec, un échec impossible à assumer. Celui de n’avoir pas su élever mon fils. Vingt-quatre ans, est-ce trop tard ? »

« Où subsiste encore ton écho » est d’une contemporanéité d’excellence.

L’écho, ici, est une part de nous-mêmes. L’intimité d’une langue qui révèle la dignité d’échapper à ses faillites.

Ce grand livre qui œuvre pour la mère dans ses multiples visages, est celui d’un cœur qui bat.

Il devient universel, une leçon de vie, dont on aime la narration des altérités.

La dignité d’échapper aux hérédités qui déploient les lames comme des affronts.

Ici, puiser des forces, dans les cimes d’un roman généreux.

Publié par les majeures Éditions L’incertain.

E. L.

 

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