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4 novembre 2025

Cairn Kathleen Jamie traduit de l'anglais ( Écosse) par Ghislain Bareau Éditions La Baconnière

Cairn

Kathleen Jamie

Traduit de l'anglais (Écosse) par Ghislain Bareau

Éditions La Baconnière

« C’était ce que j’étais venue chercher : la nuit, les vents tempétueux et la mer. »

Revenir dans les Northern Isles, le regard pavlovien qui peint les mutations des paysages.

Les rémanences et cette nature à l’instar d’une lande sauvage, jamais hostile.

Les cycles du temps, ce que les phares indiquent comme boussole à Kathleen Jamie : « Ne t’avise pas d’y toucher tu ne le pourrais pas. »

L’horizon comme sa semblable étoile de mer. Rien ne s’apprivoise dans la beauté et l’urgence de l’instant.

« Cairn », une pierre, l’une sur l’autre, le sceau du jour et des années.

L’immuable. Ce qui ne fond pas dans le magma d’une mort annoncée.

Kathleen Jamie peint l’écosystème. Les couleurs sans transfuge, poétiques et engagées.

Des fragments où l’heure est consignée.

Vider l’appartement de ses parents défunts, veiller sur cet après, un pas après l’autre et « sans personne de vivant pour me dire de rentrer. »

La déambulation est spéculative. Cairn, une pierre de plus.

De la météo marine, Au galet de quartz, Les baleines du Forth, « et si les baleines du monde transmettaient leur position aux satellites, comme les bateaux ? »

Ce recueil est une étreinte. Les cinq éléments qui fusionnent.

Les regards qui cherchent les erreurs entre le passé et le présent.

Les faillites d’un monde consumériste, avare d’écologie et de tendresse.

Les mouvements d’une nature qui résistera envers et contre tout, "cairn", après notre passage sur terre.

Ces écrins sont des balanciers sur les consciences. Nos peurs et vérités et l’implacable fissure des falaises du temps.

« L’avalanche de conséquences. C’est nous les responsables. »

« Le soleil blême d’hiver avive l’horizon. Tu attends là, vieillard noueux de la pâture. Je me mets sous ton ombre qui s’étire sur la fine couche neigeuse. »

Les miscellanées à l’instar des bruyères sur les rochers endormis et cette écriture éveille encore pour un temps la marche du temps et des hommes, des animaux et des végétaux. Retranscrire l’instant qui est une mutation au ralenti.

L’orée est boréale.

« Le grand large n’existe pas. Le monde n’est pas infini. C’est une chose acquise. »

« Nous vivons drapés dans ces linceuls invisibles. Le vent souffle, la toile ne rompt pas. »

Les traductions du vivant, le microcosme, le vent en filigrane.

Ici, tout est fusion, sens, et accueil d’une beauté résistante.

Ces morceaux d’architecture, la mappemonde si fragile et pourtant si hospitalière si l’on sait le sens du vent et des marées.

Des myriades d’oiseaux en plein vol et les baleines qui affrontent les pétroliers.

Vivifiants, poétiques, bordés d’embruns, ourlés de paysages, dans un souffle où l’heure sait tout du danger et de l’obsolescence programmée. La terre en péril. Cairn à l’instar d’un écho pour demain.

Entre l’essai et un poème vaste et lumineux, ici, le parchemin où la marche est une marelle entre ciel et terre, mer et falaises, le cycle de la vie en quintessence.

« Cairn » face à l’homme.

Lequel vaincra ?

Traduit de l’anglais (écossais) par Ghislain Bareau. Publié par les majeures Éditions La Baconnière.

E. L.

 

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