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1 novembre 2025

La planche Amélie Lucas-Gary Éditions Vanloo

La planche

Amélie Lucas-Gary

Éditions Vanloo

D’une haute contemporanéité, avant-gardiste, dans un jeu sublime et vivement intellectuel, « La Planche » est une immersion dans une mise en scène théâtrale.

S’approprier ce chef-d’œuvre qui incite à l’observation, aux vifs degrés.

La gestuelle, les voix qui s’élancent entre le réel et le suggéré.

Des antidotes engagés et cette planche en bois portée à mains nues, significative et opérative.

Ici, tout est expression, moyen et politique.

Nous sommes à « Les Potrats » assis sur l’herbe ou sur la place de parking en posture de réalité.

Cette mise en scène est l’aurore et le crépuscule du monde vivant de la culture.

On écoute le narrateur. Il semble la pièce maîtresse.

Ordonne l’importance. Intellectuel, il s’élance dans son pouvoir de griot.

Retranscrire le décorum.

On aime cette phrase : « Il est en week-end dans la pièce pour apporter de la profondeur et de la complexité au théâtre qu’il juge simpliste. »

La planche en bois, un symbole spéculatif, plus que le regard, l’amendement au possible.

Les acteurs viennent de la ville. Ils sont ici en pleine campagne.

Le pouvoir de formulation. Prétendre être sur le fil ténu entre le monde rural et l’urbanité.

Devenue bouée, la planche est lourde, instable, de loin, l’envergure d’un texte sublime qui s’élève dans l’horizon d’une intelligence qui fait du bien.

Tant sa force est l’enjeu des voix qui s’élèvent.

Entre le narrateur, la voix de l’autrice qui pose les diktats, ses personnages vivants entre les formes et les mouvements et l’envergure d’écouter attentivement.

Tout ici se transforme. Dans ce microcosme d’une mise en scène qui rend hommage aux spectateurs.

Le réel et le désir , le secret et le visible , l’apparence et le déroulé d’une scène dont la fierté et le courage d’élocution et de messages, est une gageure.

On prend à pleines brassées ces langages qui coopèrent entre eux.

L’enjeu d’un texte surdoué qui fait le grand écart avec la normalité.

« Au théâtre, les paroles des acteurs flottent à la surface, mais ils cachent des choses importantes dans les profondeurs de leur silence. »

« La planche » octroie la beauté des expressions corporelles et intimes.

Danser sur une planche en bois, ne serait-ce pas la métaphore d’une pièce de théâtre dont on ne veut que se fondre en elle ?

Ressentir le pouvoir d’Amélie Lucas-Gary qui étonne subjugue et encense.

On aime Charlotte, comédienne, avec son accent étranger dont on ignore l’origine. Universelle, elle est le monde, le vivre-ensemble et l’exaltante Babel.

Urbaine, elle est pourtant poète de la vie, philosophe et candide à la fois.

Le symbole fort des contraires assemblés et la force des possibles.

Françoise la metteuse en scène qui a grandi à la campagne et se pense en territoire conquis.

Écologiste, elle tire les scènes vers les enjeux sociétaux et les manichéennes attitudes et pensées de l’humain.

« La planche » est l’emblème même des palpitations de la vie, de sers intrigues, et bien au-delà, l’objet en bois est un peu à l’instar de la marionnette Pinocchio.

La transmutation et la matière noble qui symbolisent les forces vives : le bois.

Un planche ultime qui sauve l’être.

J’aurais aimé voir cette pièce de théâtre en vérité.

Plus qu’un exercice d’écriture et de réflexion, cette scène vivante relue trois fois, pour saisir à chaque fois, une autre part de mystère.

Pour ressentir encore pour demain, le pouvoir créatif d’une artiste, d’une autrice qui lance les dés et qui fait confiance à son auditoire.

Aurélie Lucas-Gary rassemble dans ce texte l’épars des humanités intérieures.

« La Planche » est l’érudition de la vie même. Ce que l’on en fait et ce qui échappe à l’autre.

Une fierté éditoriale.

Publié par les majeures Éditions Vanloo.

E. L.

 

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