Le secret des mères Sophie de Baere Éditions JC Lattès
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Le secret des mères
Sophie de Baere
Éditions JC Lattès
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« Le secret des mères » est l’étymologie des secrets que l’on garde en soi, la vie durant.
L’impact sur une famille. L’effacement des sourires et cette quête sans fin.
Chercher une réponse face au chaos du silence.
Merveilleusement déplié, fondamental et prodigieux.
La polyphonie des femmes encerclent cette histoire qui frôle nos seuils.
Elles sont trois. Augustine la mère, Colette et Marthe, les filles.
Le Morvan est la peinture de ce roman entre les ombres et la lumière.
Le toit qui tisse les généalogies et l’époque qui s’étire de 1953 à 2004.
Tout en mouvement, avec des allers et retours sur les années, le récit se passe à « Au Maudit » dans la ferme des Legendre.
Ici, gravitent des êtres, sans échappatoire possible.
Entre les labeurs, le manque d’argent, les stigmates sociologiques.
La pauvreté lacérée pointée du doigt par les nantis.
Serge le père, de loin le plus aimant, qui porte lui aussi le secret de sa femme.
Un fils Étienne qui sera jaloux toute sa vie, acide et près à une vengeance inlassable.
Pour aider à la ferme, arrive un petit garçon Lucien, le petit Paris.
Le nom donné aux orphelins qui étaient placés dans des familles contre de l’argent de l’État.
Un petit matricule autour du cou.
Cet enfant grandissant au fil des pages va être protégé par Serge.
Peu à peu, une connivence s’installe.
Malgré les brimades d’Augustine, ce petit garçon est considéré comme un membre de la famille. Jusqu’au jour où.
Néanmoins la précarité affective demeure. Lucien ne sera jamais aux yeux des autres enfants du village, un des leurs.
Colette revient en 2004 auprès de sa mère mourante.
Le rythme du roman est cyclique. Entre les tragédies, le printemps et l’hiver d’une trame rurale, parfaite et subliment dévoilée.
Marthe depuis sa plus tendre enfance est soudée à Lucien.
L’amitié enfantine qui se transformera dans une passion, un amour décrié et mis au ban.
Marthe va attendre un enfant de Lucien.
Répudiée par sa famille, elle est cloisonnée dans une maison maternelle.
Lieu où les mères-filles étaient recueillies. Cachée aux yeux du monde, son enfant est promis d’emblée à l’adoption.
Marthe n’aura de cesse de vouloir retrouver Lucien.
Elle veut garder cet enfant coûte que coûte et fuir.
Augustine est aigrie par le poids du mutisme.
Une famille que l’on dirait de nos jours dysfonctionnelle.
« Le secret des mères » est un cri de révolte. Sophie de Baere rend hommage à l’exaltante féminité. Ces femmes qui se sont battues contre les affres des soumissions.
« Le secret des mères » est une lecture hivernale. Un roman pétrie de sentiments intérieurs.
Une mise en visibilité d’un siècle où le patriarcat, le conformisme étaient la norme.
Tragique de par ses émotions, ce roman est une veillée au coin du feu.
Qui cherche la lumière et la douceur des repentances.
Un roman intuitif, délicat et pudique.
En lice pour pour le Prix Relay des voyageurs lecteurs.
Publié par les majeures Éditions JC Lattès.
E. L.
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