Midi sur l'abîme André Bonmort Éditions Sulliver
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Midi sur l'abîme
André Bonmort
Éditions Sulliver
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Puisqu’il est l’heure !
« Midi sur l’abîme », s’approcher du secret.
Une écriture vivante et surdouée dont les phrases explosent de sens et de beauté.
Ouvrir ce livre poétique, sublime, c’est feuilleter le monde.
Lire le symbole qui retourne la terre à mains nues.
La grandeur de l’instant où André Bonmort est un lanceur d’alerte, un homme debout, magnanime, qui lance un défi à la muraille du temps.
Ce pourrait être un manifeste politique, sociologique et écologique.
Ce plaidoyer est profondément humaniste et altruiste.
Les mots, ici, résonnent de force et de volonté. Tout dire. Rassembler l’épars, tant midi prend place.
Un recueil noria, une marelle encore palpitante, un marque-page au fronton de notre monde en péril.
Cet ouvrage inestimable encense, prévient, et vit l’immensité à l’instar d’une matière ardente et allégorique.
L’intérieur de l’intérieur qui est une mise en garde engagée et résolument anti-épique.
En trois parties inaugurales : Ne m’appelez pas Le Vivant, Humanité et La Parole, jusqu’à Oubliez mon nom. Les majuscules à l’équerre, prêtes pour le serment d’une littérature macrocosme, militante. Au cœur d’une fraternité telle, que la trame est une flamme, un sceau, un avertissement placé au plus juste.
Elle redore l’essentialisme dans l’urgence d’un « Midi sur l’abîme ».
Lorsque les aiguilles s’arrêtent au cadran d’une mise à l’ordre, ordonnée, philosophique et existentielle.
On pourrait tout annoter. Lire à voix haute et laisser l’écho emprunter le chemin vers notre conscience.
« Le réchauffement climatique source de ces dérèglements et l’effet de serre si bien nommé qui fait mûrir en accéléré tous les êtres peuplant la surface de la planète, les espèces qui ne peuvent échapper à cet emballement, elles disparaissent avant d’avoir fait leur temps et gagnée par la contagion l’espèce humaine glisse à pleine vitesse sur la pente qu’elle a savonnée, mieux faut se dépêcher d’en rire avant. »
« La terre elle-même exténuée. Déficit de pureté, écart insoutenable entre la délicatesse de la planète et la brutalité de ses habitants. Le ciel est illisible, le destin supplanté par la fumée. »
Cette immense plénitude de lire ainsi, la grandeur d’un texte qui enflamme les doutes.
Élève l’esprit, Vivant, Humanité, La Parole, les cris face au désert de l’humain.
André Bonmort convoque les mots, les panthéons et les sources.
La rectitude, la lucidité, la langue qui avance et déploie ce que l’hémicycle réfute.
« Cette Arche disjointe, quel messie apostat saurait la déconstruire planche à latte brique à braque puis la réarmer pour une nouvelle traversée ?
Toi ? Toi, la jeunesse ? »
« Tu rêves barricades ou bouturage. Prônes divisions ou sabotage.
Guérilla solo, génération zéro. Orpheline du vivant cabrée, face à l’ombre de ses bourreaux. »
Sans tombée du jour, les narrations mappemonde, cruciales et spéculatives.
Prendre place. « Ne m’appelez pas Humanité, vous n’avez su sauvegarder que mon nom, ni la qualité qui vous grandissait ni la communauté qui vous ressemblait ! »
Clairvoyant, l’apothéose du liant, l’étymologie est travailleuse et vénérable.
Lire ce texte, c’est s’émanciper dans la magnanimité d’un mot placé au plus juste.
Cette fresque sublime dont la sonorité est universelle et puissante.
« L’insertion dans la cité. « Midi sur l’abîme » et mes prêches sont inopérants.
Comment l’espoir pourrait-il demeurer une éventualité fiable ?
Tout est donc à réinventer. »
« Les égaux sont subordonnés aux ego, voilà le gros handicap de l’égalité. La fraternité est mise à mal par les regards de haut. Et les regards de bas minent la liberté.
Mais vive la République ! Et la réussite en gestation de l’insertion dans la cité ! »
L’acuité boréale qui excelle d’intelligence. «
« Ci-gît la pierre philosophale. Cette richesse latente, cette part commune reléguée au plus profond, saurez-vous un jour l’invoquer ? Est-il encore temps ?
Un palimpseste vertigineux.
La pierre angulaire d’une littérature merveilleusement dépliée.
De la satire sociale, au cri du cœur, « Midi sur l’abîme » est la proclamation d’u chef-d’œuvre d’urgence absolue.
« La voix autre en nous. »
Et comme le disent si bien les majeures Éditions Sulliver ; une collection de littérature francophone qui fait entendre des voix singulières, des langues où se côtoient la sensibilité poétique et la conscience politique.
E. L.
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