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3 décembre 2025

Drôle d'oiseau Russell Soaba Traduit par Mireille Vignol Éditions Au Vent des îles

Drôle d'oiseau

Russell Soaba

Traduit de l'anglais (Papouasie-Nouvelle-Guinée) par Mireille Vignol

Éditions Au vent des îles

Ces douze nouvelles écrites entre 1970 et 2024, encensent un territoire, une langue, où Russell Soaba mélange les couleurs.

De l’anglais, au tok pisin, en anuki, (sa langue maternelle), en hiri notu , en koitabu, en balawaia.

La Babel dont les ailes s’étirent dans ces fragments savoureux et chargés d’Histoire.

Les habitus, l’idiosyncrasie, et la culture vivante, des chants d’oiseaux ancestraux.

Ici, l’écriture est la multitude essentialiste de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Des mises en scènes vivifiantes, peuples où prend place un filigrane entre les humains et les oiseaux. Un folklore qui prend vie et cède la place soit à des personnages, des symboles et l’histoire coloniale.

La vérité dans une apogée littéraire qui sait tout des traductions intérieures.

« Dehors une tourterelle ou un faucon font des cercles dans un ciel vide de bleu. » 

« Rikam : Je me demande ce qui est arrivé à la femme enceinte de l’île. »

« Ijaya : Les femmes ont affirmé haut et fort que dorénavant, elles mettaient au monde des enfants masculins et féminins. »

Ce écrin qui élève la beauté d’une oralité, griot de lumière, Russell Soaba dépeint une épopée qui s’étire entre le sacre, le prodige, riche de symboles et de sens.

Les traditions papoues dans un rythme en mission d’une littérature fervente, colorée.

Les signes nombreux qui déploient les mouvances d’une terre sacrée et sacrifiée. Entre le noir et le blanc, les couleurs, ici, se veulent neutres et spéculatives.

C’est une noria en plein ciel, qui vole, les ailes déployées, entre les rites et les villages d’une terre empreinte d’onirisme.

L’imagination virtuose, « L’oiseau dans la danse de l’oiseau »

« Nos histoires n’ont pas de commencement. Ni de fin. Elles se contentent d’exister et de se dérouler à l’infini.

Cette histoire n’est pas différente des autres.

Elle se passe à l’heure actuelle, quelque part sur les hauts plateaux de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Elle se fond dans le Festival de la danse de l’oiseau. »

Donner le pouvoir aux personnages qui gravitent dans ce renom.

Où l’on ressent la chair d’une terre empreinte de force et de fertilité.

Stylistiquement incontournable et existentiel, ce tissage vibrant est un voyage dépaysant.

Tant ces morceaux d’architecture sont intenses, colorés, vivifiants, et signifiants.

L’acuité des transmissions.

Ici, le règne d’une littérature irrésistible et palpitante.

Les existences allouées dans une distinction d’honneur.

L’oralité à l’instar d’une toile de maître.

Traduit à la perfection par Mireille Vignol, qui traduit les grands noms de la littérature australienne et océanienne.

Il est dit dans ce grand livre d’une lecture à voix haute, que Russell Soaba jongle entre les dialectes qu’il veut apprivoiser, pour que l’on puisse entendre le pouls et la cadence de sa propre langue en anglais.

Le toit du monde.

Publié par les majeures Éditions Au Vent des îles.

E. L.

 

 

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