Moralès Jérôme Villedieu Illustré par Elza Lacotte Éditions Le Ver à Soie
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Moralès
Jérôme Villedieu
Illustré par Elza Lacotte
Éditions Le Ver à Soie
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« Moralès », l’altitude d’un texte poétique d’une rare beauté.
Jérôme Villedieu rend hommage à Moralès.
Un soldat qui vagabonde entre monts et plaines.
La vue vaste, l’errance en plein cœur.
D’emblée l’heure pleine et belle et émouvante dans cette quête des rémanences.
Un hédonisme certifié, l’arche sublime d’une trame qui encercle les philosophies altières.
Dans cette croisée des chemins, où ses regards désenchantés se perdent encore dans ce qui fût.
Des guerres jamais prononcées. Le voile qui recouvre les hommes, sur les murailles d’une temporalité qui fuit.
Les perditions d’une humanité. Moralès avance et se heurte à l’écho où le rire effacé renforce sa nostalgie et sa lucidité.
« Voici les sachants qui brament et ruminent, l’air (faussement) détaché et enjoué de ceux qui veulent paraître tranquilles, impitoyables matons de la vérité.
Ils sont pour ou contre les procédures qui désormais répondent à leur place, cela ne change pas grand-chose.
Soumis jusqu’à l’effacement de la pierre. »
Cette litanie est l’étoile du Sud. Des myriades pour notre lendemain.
« Ne regarde pas par terre, mais sois fier de ce rapprochement.
Moi, Moralès revenant de guerre. »
Moralès assigne l’humain à la sagesse. Un pas après l’autre, la procuration innée, il nomme le possible.
Les entrelacs, les interludes, les splendeurs dans l’orée de paroles riches de discernement, qui encerclent l’horizon-miroir.
« Pour que quelque chose vienne, lourd comme ces ciels normands. »
Ici, tout ce qui est en haut est en bas.
« Vu des gens marcher vite pour ne pas tomber, ne plus avoir que cette marche. Je ne voudrais plus que s’éloigne ce qui nous sépare du clair, mais vouloir ne sert à rien, c’est pire. »
Un voyage de finesse et de prudence, dans le cœur d’une plénitude altière.
Lire « Moralès » c’est franchir l’essentialisme. L’intrinsèque des croisées de chemins.
Au-delà des toits où la neige purifie les fatalités.
« Dans le silence minéral des millénaires. »
« Si tu a cru que le poème parlait n’aies pas peur
de son bruit de chat.
Ce n’était que le bruit du vent. »
Moralès est pacifique. Un homme irradiant, qui brusque le plausible.
Un peintre des lumières, qui convoque les couleurs.
Moralès proclame les bréviaires, les crépuscules.
« Un pays noir où les sourires sont des ombres. »
Il est désabusé, mais somme l’humanité à l’invisible.
La vérité loin d’une scène traumatique.
La lente explosion d’un recommencement.
Les feuilles jonchées au sol, sous ses pas, la narration aux mille possibles pour demain.
« Et que circule entre d’autres mains les pièces de votre château, les morceaux de ce que vous aviez cru être un trésor. »
Un absolu de méticulosité.
Un livre qui étreint et dont la trame est la septième vague.
Celle par qui tout recommence, autrement.
Une marche spéculative.
Les illustrations en pleine page d’Elza Lacotte explosent de couleurs, de sens.
Une échelle vivante pour franchir l’univers de ce livre, jusqu’à sa double lumière.
Jérôme Villedieu dans un langage intrinsèque, révèle le macrocosme du monde.
Ici, l’écriture et les dessins scintillent. Un acompte hyperbolique pour demain.
Allez ensuite écouter Didier Benureau et « La chanson pour Moralès. »
Publier par les majeures Éditions Le Ver à Soie.
E. L.
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