Vorace Malgorzata Lebda Traduit du polonais par Lydia Waleryszak Éditions Noir sur Blanc
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Vorace
Malgorzata Lebda
Traduit du polonais par Lydia Waleryszak
Éditions Noir sur Blanc
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« Vorace », l’éminente littérature.
Irradiante, la nature fascinante excelle de lumière.
Dans une orée bienveillante, l’acuité boréale d’un roman sensoriel.
« Les yeux de grand-mère observent, observent encore. »
L’écriture de Malgorzata Lebda est un bréviaire d’amour.
Maj est un village en Pologne. Entre les monts et les forêts, la ruralité est une cartographie picturale et charnelle.
Ici, habitent Róza une vieille femme mourante. La grand-mère de la narratrice, venue avec Ann son amie étrangère.
Œuvrer aux rémanences, soigner sa grand-mère. La tendresse souveraine et salvatrice.
Au côté d’un grand-père pudique et taiseux, aux gestes délicats et opératifs.
Le mur porteur en quelque sorte.
Les fragments poétiques sont dans l’honneur du temps présent.
Róza aime les animaux, le bleu du ciel, le végétal.
Elle ne s’imagine pas un seul instant du jour sans parler les animaux, de cet essentialisme qui l’habite.
Lente et fébrile, souffrante et fragile, Ann et sa petite-fille veillent sur elle.
La sororité est gracieuse, innée et délicieusement féminine.
Trois femmes dans un même lit, le cocon apaisant et pétri d’un langage d’une douceur extrême.
«Mes femmes, je songe en m’endormant. Elles sont belles et elles embaument, elles embaument. »
« Grand-mère est mon enfant. Je suis la mère de grand-mère. C’est bien ainsi dis-je. »
Au loin, les phares destructeurs, les camions qui charrient les animaux à l’abattoir.
La double peine pour Róza qui sait. Elle interpelle sa petite-fille. Le tumulte dans le sombre d’un crépuscule dévorant.
Les coulées de boue, le temps qui s’exprime dans un langage vif et rebelle.
« Vorace » d’ombre et de lumière.
« Les corps des femmes qui me sont chères réagissent à la lumière. Grand-mère regarde la lumière et dit dans un souffle : « L’eau ou le feu s’en chargera. »
Dans les entrelacs de brume, de la quintessence, la canopée et ses essences sylvestres, le renard est un symbole et l’hymne du Vivant.
Ce roman poétique, octroie la beauté, la vie et la mort. Le cycle qui pénètre dans cette maisonnée.
« Grand-mère ne peut résister au vivant. »
L’homme de l’antre chaleureuse est protecteur. Des surveillances altières, il répare, réchauffe, transforme les fondations, renforce les jours et les heures.
« Il faut que grand-mère soit dans le confort. »
Róza glisse. Elle nourrie les fourmis, attentive et délicate, elle cherche les frémissements invisibles du plus petit être vivant.
« Il n’y a pas de grande différence entre la poésie et la description des oiseaux, dit-elle une nuit. »
« La nuit, je lis à mes femmes une description de l’oiseau-lyre. »
La région des Belkides est une véritable fresque. D’hiver et de printemps, la lente explosion hédoniste.
Malgorzata Lebda fait saillir ce qui ne peut somber.
« Vorace », un chef d’œuvre d’altitude. La Pologne dans une apogée profondément humaine et altruiste.
« Il faut faire en sorte que Grand-mère ait bien chaud. Elle le mérite dit-il. »
« Vorace », la gloire des hérédités.
La narration vitale, l’apothéose d’un texte vivifiant, respectueux de la terre et des liens générationnels.
« Or, tant de choses en moi attendent encore d’être mises au monde. »
L’étymologie flamboyante. Le frôlement d’un recommencement. Et c’est beau.
Traduit du polonais par Lydia Waleryszak.
« Vorace » est un premier roman salué en Pologne comme ‘la découverte littéraire de l’année.
Après huit recueils de poèmes moult fois primés, « Vorace » est le panthéon littéraire.
Publié par les majeures Éditions Noir sur Blanc.
E. L.
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