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L'élégancedeslivres
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18 février 2026

Le destin connu des bêtes de combat Laura Kind Éditions DO

Le destin connu des bêtes de combat

Laura kind

Éditions DO

Le Panthéon littéraire.

La prodigalité.

"Le destin connu des bêtes de combat" est fascinant.

Un choc esthétique, une œuvre unique, tant l'écriture est une scène d'évocation, intime et supérieure.

"Le 8 mars 1910, à Copenhague, pendant que la deuxième conférence internationale des femmes socialistes votait dans l'enthousiasme, l'instauration de la journée internationale des femmes à 1770 kilomètres au sud de la Camargue."

L'incipit oeuvre, tout prend place dans le frôlement de l'aurore d'une histoire magnétique, charnelle et sublime.

"Le 8 mars 1910, le taurillon naquit.

À l'agréable surprise de sa mère, il chuta au sol d'un seul mouvement et sans effort."

D'emblée l'écriture poétique et douce, excelle.

Un choc esthétique, ordonné et précis. 

Le rythme calme, au ralenti, enserre une lecture qui se voudrait à voix haute.

Nous sommes dans un roman d'ombre et de lumière. L'impulsion et la démonstration superbe et magnétique, d'une trame qui rassemble l'homme et l'animal.

La destinée, une configuration philosophique, spéculative, entre la tradition de la Tauromachie et l'anthropomorphisme mental.

Nous sommes en Camargue "où Torino vécut ses premiers mois dans un pacage éloigné."

La famille Baudricourt va recueillir deux enfants, deux frères, au mas en 1904.

Pablo et José "dont les parents continuent de les voir."

Ils vont grandir, apprendre l'idiosyncrasie, s'occuper des taurillons. Maîtriser les codes. Torino est le double cornélien de ces enfants qui vont s'élever dans cet espace tiré au cordeau. 

"Aimant ses habitudes sans être craintif, il rechignait à délaisser les lieux qu'il connaissait, gémissait et se braquait à chaque départ, les sabots ancrés dans le sol et cornes basses."

José et Torino sont siamois.

Ils grandissent en diapason. Surdoué et dans l'apothéose de l'instinct, José est en véritable télépathie avec Torino.

José est pressenti pour devenir un torero perfectionniste.

Il détient le langage animalier. 

Qui de l'homme ou de l'animal ?

Les coutumes renaissent avec cette part en plus de tendresse, de coopération.

Torino ne sait pas tout encore. Tout comme l'Histoire peut vaciller. 

Torino est vif, puissant, et va orchestrer avec José, une chorégraphie nihiliste.

Jusqu'au bout d'un rituel où la corrida du dimanche de Pâques 1914 va advenir entre sueur, sang, sidération, loyauté et courage.

Attendre encore un peu.

La trame est fervente et démontre une violence sourde, appliquée. Un rite qui s'élève. L'heure des destinées.

José va être initié pour l'Alternative.

Ses premiers pas dans une corrida, avec son rituel et ses habitus.

Tout comme Torino, il se prépare immanquablement au duel, à la cape rouge, des piques aux banderilles. Il ne sait pourquoi.

C'est ici, que Laura Kind oeuvre à la beauté.

À mille mille d'une mise en scène, nous sommes face au symbole. À l'affront des dualités. 

Torino est vivant, doué de sensibilité, sa conscience aiguë d'une réalité qui se juxtapose sur un emblème.

José, le front contre le flanc de Torino, ensanglanté, et pourtant, ici, c'est le monde qui écume.

"Torino n'apprécie pas les manières de ce costume doré qui le brave. Une bravade imprudente pour lui qui n'est pas d'un naturel docile.

Toréer, apprivoiser les codes, les symboles.

Un taureau de combat, une destinée qui échappe à la paix.

On ne sait plus où se situe l'homme de l'animal. Confondus dans un cérémonial où

la hiérarchie dans la mort est absoute.

Laura Kind donne corps à deux guerriers.

Un ballet d'honneur à la vie à la mort.

La corrida est le décorum de l'humanité.

L'honneur des allégories.

Un roman de prestige, symbolique.

Une fierté éditoriale.

Publié par les majeures Éditions DO.

E.L.

 

 

 

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