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18 mars 2026

Lequel de nous portera l'autre ! Violaine Lison Éditions Esperluète

Lequel de nous portera l'autre 

Avec les carnets de tranchées de Léonce Delaunoy 

Collection en toutes lettres

Éditions Esperluète 

"Mon ami Michel me tend un paquet.

Cinq carnets . Les carnets de tranchées de son grand oncle, Paul Nackart qui les a rédigés pendant la guerre 14-18."

"Je reçois. Comme on reçoit un cadeau."

Un triptyque, Léonce, Herman et Paul.

Cinq carnets et "Lequel de nous portera l'autre ?" prend naissance dans une orée polyphonique, historique et sentimentale.

Violaine Lison est dans l'évocation des vérités.

Elle va rassembler l'épars. Bouleversée, Violaine Lison se rend compte que ces carnets détiennent plus que le privilège mémoriel : "Il est temps que je parle de toi, Léonce et d'Herman, et de Paul. Sans qui ton mouchoir serait resté dans une boîte. Dans un grenier. Avec tes carnets, ton couteau, ton chapelet et les trois boutons de ta capote.'

"Un nuancier couleur de terres : Glaise. Tourbe. Ocre. Sable. Vert de gris."

Violaine Lison donne la première gamme d'une œuvre épistolaire poignante et nécessaire.

Une chance de retranscrire ce qui fut de cette guerre , de l'horreur des tranchées.

La fraternité entre les pays absoute.

Ces carnets sont des faussaires.

Paul a retranscrit la parole de Léonce.

Violaine Lison pressent une faille. Il manque des éléments. Il y a des incohérences, des troubles. Du blanc entre les interstices. 

Paul et Léonce sont amis et brancardiers ensemble dans cette Première Guerre mondiale qui fait rage.

Séminaristes tous les deux dans cette avant-guerre, complices, de connivence. Des véritables amis. Jamais l'un sans l'autre.

Pourquoi Paul a-t-il laissé des vides entre les lignes ?

Violaine cherche et trouve sur l'ordinateur des éléments. Le nom de Léonce apparaît.

"Onze médaillons. Onze visages du jeunes hommes. Sous chacune de ces photos : le nom du brancardier... L'avant dernier portait en bas à droite était le sien : Léonce Delaunoy, tué à Kortemark le 15/10/1918. '

"Tu es le seul à regarder devant."

Léonce et Paul se rencontrent au séminaire de Tournai. Ils sont réquisitionnés en août 1914, afin de transporter les blessés au front.

Les religieux ne pouvaient pas porter d'armes.

"Le 4 août 1914." 'Et me mettre en marche , main dans la main avec Léonce et Paul. L'auteur et le copiste. Inséparables."

 

Violaine retrouve les carnets originaux.

Le chant beau et triste, des lettres sublimes riches de poésie, de larmes et de nostalgie.

En front de guerre, loin de la mer et mère.

Les miscellanées s'élèvent. Les plaines, où les norias d'oiseaux noirs volent à flanc de plaine.

Léone, en août 1914, le visage figé, "celui de la succession des jours et des nuits qui doivent venir et s'en aller avec leurs clartés."

Et puis Herman, l'ami intime, le frère de concorde et de coeur. Paul qui voit et ne dit rien. Souffre et baisse les yeux devant cette chapelle de tendresse et d'amour qui se dresse face à lui.

Violaine conte les objets. Effleure avec dignité l'encre noire de Léonce. 

"Lequel de nous portera l'autre ?" 

"Il faudra bien qu'un jour ou l'autre cela se fasse."

Paul est blessé, quitte la guerre le 2 août 1918. Et son ami Léonce. Herman entre eux trois, comme un fil protecteur. On ne sait. Tout est suggéré, pudeur et délicatesse.

Herman et Léonce s'aiment. Comme des enfants, avec la peur de contrer le regard des autres soldats. Les interdits fauchés comme les blés assassinés. Qu'importe la nuit est corbeille et armure.

La délicatesse des silences. Paul qui a toujours laissé Herman dans l'oubli des carnets.

Jalousie, amour aussi. Laisser la part du mystère à la pleine lune des nuits de guerre.

Les tranchées pleurent trop.

'Herman Schilz nouveau et dernier venu. Plus de doute. Herman est à sa place. Au centre du carnet. Dans le cœur de Léonce . Et rien ni personne ne l'en délogera. Aucun prénom ne viendra s'ajouter à la liste."

Quatre années de guerre, une passion amoureuse, "fin novembre 1917, la mort s'incrustre dans les carnets. L'ami Herman est loin."

Ce témoignage porte-flambeau, la calligraphie d'une guerre, les Poilus et l'hécatombe.

"Quand l'heure sera venue, une balle peut-être me frappera comme tant d'autres."

"Herman, le plus grand bonheur de ma jeunesse et mon plus grand motif d'aimer la vie."

L'apothéose du liant de Violaine Lison.

La gloire des rémanences.

L'étymologie des tendresses qui percent les sanglots longs.

Des hommes, soldats vénérables. Un amour aux mille fresques de pureté.

D'amplitude crépusculaire, magnifique, c'est un hommage.

Le sacre des recherches colossales de Violaine Lison.

Sa voix perce les lignes d'une indéniable temporalité. L'heure et le temps laissent la place au renom. 

Publié par les majeures Éditions Esperluète.

E. L.

 

 

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