Ma vie d'Edgar Dominique Fabre Collection Les Nomades Éditions Quidam éditeur
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Ma vie d'Edgar
Dominique Fabre
Collection Les Nomades
Quidam éditeur
Au doux prix de 8,50€
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Sensible, lumineux, éperdument attachant.
"Ma vie d'Edgar" est un roman à hauteur d'enfant.
D'une beauté triste, la narration est la voix de ce petit garçon, trois ans dès l'incipit
Rue d'Aron, seul avec sa maman.
Une fille-mère, comme l'on disait dans l'orée des années 1964.
"Maman a eu des doutes"
Isabelle emmène son fils à l'hôpital pour un verdict. Entendre ce qu'elle sait déjà. Edgar est différent des autres enfants. Comme il se disait dans le creuset de cette époque : attardé.
"Maman suivait de son œil noir et toujours traumatisé mes efforts pour faire un beau dessin."
"Pourtant je n'étais pas le seul enfant calme et tranquille de la région parisienne."
"Je n'avais pas la curiosité normale d'un enfant de mon âge.'
"J'entendais autour de moi il lui manque une case, à voix douce."
"Des oreilles phénoménales, des grosses joues, des grosses fesses, les traits mongoliens. (Je cite.)
Isabelle emmène son fils au parc Monceau.
Quinze jours à lui sourire, se méfier des autres petits, des regards fuyants et des moqueries.
L'été sable, chaleur, et surveillance.
"Je ne jouais jamais avec mes autres camarades."
La trame semble en noir et blanc.
La lucidité d'Edgar qui observe son territoire.
Il devine en lui cette discordance. Isabelle se dispute avec une autre mère.
Le sable mauvais, trop de divergence entre les bambins.
Edgar est dissemblance. L'axe qui fait dérailler le quotidien.
Fortuitement, Isabelle rencontre Bernard dans le même cadre que ce moment de houle.
Dans le creux de cette dispute avec l'autre mère.
Il voit Isabelle. Isabelle le regarde.
Isabelle est ailleurs avec son fils. Dans cette charge mentale, cette honte à peine enfouie. Les grandes oreilles d'Edgar cachées dans une cagoule dévorante malgré l'été.
Bernard est saisissant de tolérance, d, authenticité. Isabelle se laisse aller dans l'évidence d'une belle rencontre, muée en texture intime et sentimentale.
"Salut Edgar, tiens, un camion de pompiers. Il me montra comment ça marche.
Fais de beaux rêves, mon petit.
Je ne vais pas te piquer ta mère, mon bonhomme.
Alors je suis tombé d'accord avec lui."
"Elle parlait du paquet Edgar avec Bernard aussi quand il venait à la maison.
-Je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas le laisser là.
-Tu devrais l'envoyer à la campagne. Tu as parlé à l'assistante sociale ? Ça lui ferait du bien.
Tu crois ? Isabelle a répondu."
Et c'est ainsi qu 'Edgar après moult familles d'accueil, va aller en Haute Savoie chez Ton Jos et Tan Gina, des italiens savoyards.
Sa maman doit travailler. Seule avec Edgar, prise en tenailles dans une époque où les filles-mères étaient méprisées et déclassées dans une société très arriérée.
"Avant moi, je me demande bien ce qu'il y avait. J'ai toujours ma case manquante mais je sais bien la cacher."
Edgar apprend les gestes et les réponses.
Ses projets en lui, morts-nés, des bordures de tendresse inavouée.
Edgar s'invente un monde, d'une voix douce et tranquille. Sa maturité lui fait des bleus à l'âme. Edgar, sans rives ni barrières, et pourtant seul sur son radeau.
"J'ai grandi. La nuit les plus petits de la petite section dorment et ils se font des filles-mères avec les oreillers."
"Et je serais peut-être mort avant d'être président."
"Le samedi après-midi, les internes de la petite section partent rejoindre leur fille-mère."
Edgar est ultra sensible. Il cherche un point d'appui, le sens de l'orientation.
Il veut savoir qui est son père. Mais il ne pourra jamais le rencontrer. Telle est la réponse de sa mère à la directrice de l'école.
"Je suis parti tout seul sur la route d'ira voir."
Edgar perçoit l'amour sous les combles de ses quêtes. Ses tristesses d'abandon.
Son ressenti des fragilités de la vie enclenche une maturité d'excellence.
Ce texte pétri de tendresse, de douleurs, est la cartographie des misères humaines.
L'enfant entre la réalité et le rêve, le mot fille-mère qui est une feuille tombée de l'arbre d'une réussite sociale.
Edgar dans ses infériorités et ses bravoures, est un petit trésor qui brille de mille feux.
Dans la collection Les Nomades, au doux prix de 8,50€.
Publié par les majeures Éditions Quidam éditeur.
E.L.
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