Ballade d'amour au vent Paulina Chiziane Traduit du portugais (Mozambique) par Mylène Oliveira Contival Éditions Project'îles
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Ballade d'amour au vent
Paulina Chiziane
Traduit du portugais (Mozambique) par Mylène Oliveira Contival
Éditions Project'îles
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Superbe et triste, « Une ballade d’amour au vent » est l’ampleur du Mozambique dans sa force intrinsèque et ses douleurs abyssales.
Ce roman puissant, dans une orée à peine imagée, reflète les coutumes, les habitus, les diktats d’un pays en proie aux soumissions.
Entre la modernité et une fable, la fiction et le réalisme, ce roman est le langage poétique et une véritable aptitude au dépaysement.
Un roman d’apprentissage pour deux protagonistes, Sarnau et Mwando.
Sarnau est une jeune fille amoureuse de Mwando.
« Un garçon différent, il s’exprimait bien avait de la conversation et de bonnes manières ! »
« Les jours suivants, j’ai cherché Mwando. »
« Mwando vit au séminaire. Nos mains se sont trouvées. L’insolite survient de la forêt. Les secrets de la nature ont été dévoilés à tous les êtres vivants et ils en font des merveilles. »
Sarnau semble une tragédie à ciel ouvert.
« Oh,Mwando, tu vis en moi, je vis pour toi, Mwando. »
Mais ce dernier avoue à Sarnau qu’il va partir loin .
« Après voir été répudié par le prêtre, il avoue à Sarnau qu’il doit se marier avec une fille que ses parents ont choisi pour lui. »
Mais Sarnau attend un enfant, et devait elle aussi se marier avec Mwando.
« Si tu avais dix femmes, j’accepterais d’être la onzième. Ce qui je veux, c’est être à tes côtés. »
Seule, l’arche et le radeau, les larmes et « Sarnau, trente six vaches pour la grande famille des Zucula. »
Sarnau et les vaches qui la remplacent. Le Mozambique entre ses rites et ses bravoures, les croyances.
« Les voix des pilons étouffent le chant des oiseaux ; c’est le cri du maïs qui rend son dernier soupir. »
Sarnau, emblématique, entre l’errance et ce pays ployé sous le joug du colonialisme, ce roman est une cartographie peinte avec tout le rythme qui fait enfler un pays de par les superstitions et les soumissions.
Sarnau qui se refuse à son mari.
Répudiée, chassée, le chant des adieux et son fils dans les bras.
« «Les vivants plantent des jardins sur les tombes comme aujourd’hui nous t’offrons des fleurs. »
Mwando dont la vie sera gémellaire de celle de Sarna, prisonnière des similitudes.
Sublime, lyrique, aux personnages terriblement antiépique.
Le malheur est sans aptitude de rédemption.
Il heurte la mémoire d’un pays bouleversant, spectral, envoûtant dans l’orée des résistances.
« Les mains noires ont bâti de la beauté, de la richesse. Là-bas dans les hauteurs, se sont dressés des palais blancs aux toits rouges. »
Cette fresque est le portrait incandescent du Mozambique.
Le plein jour d’une mélopée lancinante et triste.
« Tout bien réfléchi, il reste quelque chose. Les arbres et le ciel bleu. Je ne suis pas complètement perdu. »
Paulina Chiziane est née à Manjacaze au Mozambique en 1955. Elle est la première femme à publier un roman au Mozambique.
En 2021, elle reçoit la plus importante distinction littéraire du monde lusophone, le prix Camões de la langue portugaise pour l’ensemble de son œuvre.
Entre la trace et la mémoire, traduit à la perfection par Mylène Oliveira Contival.
Publié par les majeures Éditions Project’îles.
E. L.