Un chien arrive Camille Ruiz Éditions Corti
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Un chien arrive
Camille Ruiz
Éditions Corti
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Intime et pudique, exaltant et magnanime, « Un chien arrive » est une promesse heureuse.
Une déambulation dans un texte où cohabite Camille Ruiz et Ziggy son et le chien.
Un grand golden Retriever.
Que Piero son mari lui offre, à l’instar d’un acompte hyperbolique du futur.
Un tout petit chien de quelques semaines, grandissant au fil des pages.
Le Brésil pour terre d’accueil, Ziggy pour compenser l’ubiquité.
Apaiser les kilomètres loin de la France.
De dire Le chien, le pose en tant qu’animal respecté. Sa place scellée dans l’espace de vie.
« Le fait d’avoir un chien a sapé mon projet littéraire qui, étant en grande partie autobiographique, s’est dissipé d’une manière que je ne suis pas sûre de comprendre. »
Camille se promène avec Ziggy. Pas d’une façon ordinaire, mais dans un rituel de découverte du territoire. Camille aussi cherche ses repères, ses points d’appuis et les rencontres fortuites dans des endroits les plus improbables.
Ils battent la campagne, les herbes sèches, l’espace virginal pour s’émouvoir de ce temps liane.
Elle et Ziggy, une longe de dix mètres, retenir l’instinct.
Camille est en exploration, devine une ville Brasilia, entre les menaces parfois, les craintes, « les intervalles de solitude dans la ville. » « Plusieurs personnes empruntent de manière répétée le même itinéraire, souvent parce que c’est le plus court, ou le moins dangereux, ou le plus agréable, ces lignes coupent à travers l’espace pour relier deux points que la ville ne relie pas. »
Ce livre est la voix de Camille. En offrant ses découvertes d’un pays qu’elle apprivoise subrepticement, elle prononce l’idiosyncrasie, les diktats et les habitus.
En quête des cris d’oiseaux, le chien bondissant dans ses empreintes. Un corps à corps, l’animal-être, le mimétisme.
Camille convoque les sens et l’amitié animalière n’est plus une histoire en advenir.
Mais le concret et l’installation des responsabilités.
Et derrière elle bourdonne la dimension temporelle de l’espace, la peur qui loge dans le risque du simultané.
Ziggy dépend de Camille.
Camille étrenne ses confidences dans un texte éperdument beau et confiant.
Nous recueillons les ferveurs littéraires, l’attrait de la belle intelligence.
« En côtoyant le monde et Ziggy à la fois, il devient difficile de dire où commence l’un, où commence l’autre. »
« Ma tête s’incline vers l’endroit où est rassemblé ma tendresse. »
La puissance d’une écriture poétique, d’évocation et de traduction.
Camille oriente nos regards vers l’archéologie des sentiments.
Tout ce qui est finement sociologique et politique.
L’arc de la psychologie. L’osmose d’une relation singulière.
« J’ai beau m’en souvenir, la mutité de Ziggy me rend parfois triste et anxieuse, comme face à un tout petit bébé pour lequel il faudrait être « suffisamment bonne. »
Philosophique, la littérature d’excellence, l’altitude d’un presque manifeste.
Ici, les entrelacs savent les mosaïques d’une autrice confirmée.
« Parfois je m’inquiète de ce que Ziggy soit utilisé, par moi ou par quelqu’un d’autre, pour dénouer ou prolonger une histoire qui ne le concerne pas. »
Camille dans l’héritage d’une confiance muée en amour.
Cette texture qui incarne le lien, l’honneur d’une générosité incroyable, entre un récit personnel et les références précieuses sont autant de paraboles que d’exemples à poursuivre.
N’oublions jamais le cher « Perdre Claire » aux éditions Publie.net en 2021.
Puis, « Mon animal » aux éditions Trois Petites Truites.
Camille Ruiz signe ici le triomphe de la concorde et de la connivence entre et Ziggy.
Un chemin de méditation pour le lecteur.
Comme un passage formulé. Le pouvoir d’apprivoiser.
Magistral.
Publié par les majeures Éditions Corti.
E. L.
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