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14 mai 2026

La promenade Mária Földes Traduit du hongrois par Catherine Fay Éditions des Syrtes

La promenade

Mária Fôldes

Traduit du hongrois par Catherine Fay

Éditions des Syrtes

« La promenade est déchirant, tant il est porteur de mémoire.

Une échappée entre ciel et terre, la traduction de ce qui fût.

La Roumanie en plein cœur de ses douleurs.

La Shoah en filigrane, implacable et barbare.

Les camps dans cette férocité d’oppressions sans possible retour à la vie d’en face.

Celle des marelles heureuses, des étreintes de joie et l’innocence d’une enfance sucrée à mille mille de l’œuvre du mal.

Mária Földes déambule dans les rues de sa ville.

Le monologue prend place entre les noirceurs communistes d’après-guerre.

Auschwitz qui efface toutes présences humaines, les violences et les cris.

Sans pitié, l’horreur omniprésente. La promenade est de déroulé de la vie de Mária Földes.

L’aube apaisée, l’innocence d’une petite fille ; l’adolescence dans sa robe prisonnière des corbeaux noirs. Les effrois des privations. Des supplications, des morts un à un, des milliers étendus sur la terre devenue rouge.

L’injonction des tortures, des barbelés, de la peur et du manque de tout.

Son internement dans un hôpital psychiatrique.

Mária Földès est en pleine conscience des rémanences qui s’élèvent.

Image après image, sa voix apprivoise les lieux à l’instar d’une force nouvelle.

Elle pense sans pleurer. Un advenir qui se rappellera toujours du pain chaud enfant entre ses mains.

« Comment est-ce possible que six ans après la guerre encore… ? Et jusqu’à quand ça va être comme ça ? Les tickets de pain et les tickets de sucre... »

Un pas après l’autre, dans le bréviaire de la parole.

« C’est Éva, c’est le pouvoir. Elle est la messagère de la kapo, son ordonnance.

Quand à la kapo, c’est un séide nazi. »

La voix douce apaise les interlignes. Les nuages filent. L’arc-en-ciel à l’instar d’une preuve des possibles. L’honneur d’une lutte pour exister, se retenir aux branches, acclamer et ne laisser aucune place aux fantômes dévorants de haine.

Comment survivre ?

Dans une langue vertigineuse, «Promène-toi, ma petite, fais le poirier, si tu veux, et c’est bien que tu sois vivante, me répond gentiment Zsófi avec un sourire. »

« Par contre, dans le camp proche du nôtre, à dix-huit kilomètres de chez nous, les SS ont dessiné deux étoiles avec les deux mille détenus, une étoile soviétique et une étoile de David, et ils les ont tous descendus à la mitrailleuse. »

L’incarnation d’un chef-d’œuvre nécessaire et douloureux.

Mais ici, on écoute une lumière.

« Tu sais, Marica, si j’ai tenu jusqu’à à la fin et ce qui m’a tout ce temps-là donné du courage, c’était l’espoir que je rentrerais à la maison et que tu m’emmènerais là-bas, comme tu me l’avais promis… Je voulais voir de mes propres yeux que les miracles existent. »

Comme il est dit dans les repères bibliographiques :

Mária Földès (1925-1976) était une écrivaine et dramaturge roumano-hongroise, survivante de la Shoah, l’une des voix les plus fortes du théâtre roumain de l’après-guerre.

Traduit à la perfection du hongrois par Catherine Fay.

Publié par les majeures Éditions des Syrtes.

E. L.

 

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