Touche pas à mon cadavre André Marois Éditions Héliotrope
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Touche pas à mon cadavre
André Marois
Éditions Héliotrope
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Ouvrez ce livre d’André Maurois.
Irrésistible, l’art subtil de faire sourire malgré les tragédies.
L’élégance d’un roman noir qui rayonne grâce à son côté libre et jubilatoire.
Le pouvoir d’une littérature originale, chahutée de malice.
André Maurois dans une verve exceptionnelle entraîne ses lecteurs dans l’apothéose d’un roman filmique dont on prend à bras le corps le déroulé sucré-salé.
Tout est bon ici. On aime retrouver ce spécialiste d’un humour qui n’hésite pas une seconde.
Audacieux, inventif, des dialogues croustillants, l’heure change en pleine lecture.
La trame se pose à Mastigouche, dans une réserve faunique d’une rare beauté sauvage.
Le Québec dans son orée sylvestre et cette rivière de cinquante huit kilomètres, véritable protagoniste, la Mastigouche.
Les dés sont posés.
Roger Dubord revient chez lui, après une soirée passée à l’auberge.
Impossible pour lui de boire de l’alcool. Un éthylomètre antidémarrage est la zone rouge de sa voiture.
Il roule vite. Son pick-up pour habitacle, pressé de boire une bière.
Sauf qu’il voit au loin « une luciole ivre ».
C’est un cycliste, qu’il renverse. La pluie torrentielle, un vélo électrique qui fonce dans ses phares à vivre allure. Et voilà, Roger, entrepreneur du bâtiment, pris en otage de cet accident fatal.
Que faire du corps. Où le cacher ?
Qu’importe ! Ce sera dans un coffre, à l’arrière de sa voiture.
La Mastigouche enfle. Le temps prend place, héros de ce roman succulent.
Le coffre plonge dans les rugissements de la rivière.
Que va-t-il se passer ?
Cette fiction burlesque et trépidante tient les rênes.
Elle prend le contrôle et que l’on s’amuse dans ce tableau qui déborde et infuse des scènes dignes d’une comédie riche de dérision.
Les travers humains sont dépeints avec un art naturel.
Jacqueline est sa voisine. Certains ici connaissent cette vieille femme aigrie et sournoise.
Une Tatie Danielle puissance dix.
Solitaire elle se promène souvent. Elle furète, curieuse comme une fouine.
Sous ses faux airs, c’est une femme manipulatrice qui déteste ses voisins qui viennent d’acheter le seul chalet d’en face. Seule, la rivière sépare les deux chalets.
Trop de bruits, des travaux chaque week-end. Vous l’aurez compris, elle est une pièce maîtresse, la distinction de ce roman trépidant, habile et perspicace.
L’écriture aligne avec brio les évènements.
Crescendo, entre les cadavres, les coups montés, le chantage de Jacqueline, tout s’accélère.
Le Québec est dépeint dans une ambiance feutrée et sombre.
En corrélation parfaite avec un texte dont les protagonistes excellent dans leurs plans machiavéliques.
On aime retrouver la plume d’André Marois.
Après, « Bienvenue à Meurtreville, Irrécupérables, et La Sainte paix (prix du meilleur policier de langue française, publié au Canada en 2024).
Riche de panache « Touche pas à mon cadavre » est excitant et brillant comme La Mastigouche qui cache bien son jeu.
Publié par les majeures Éditions Héliotrope.
E. L.
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