Les Oiseaux du Temps Amal El-Mohtar & Max Gladstone Traduit de l'anglmais par Julien Bétan Éditions MU

Les Oiseaux du temps
Amal El-Mohtar & Max Gladstone
Traduit de l'anglais par Julien Bétan
Éditions Mu
PRIX HUGO,LOCUS ET NEBULA 2020
ISBN : 978-2-35408-845-3
19 €
En librairie

Merci beaucoup aux Éditions Mu Davy Athuil pour l'envoi de ce magistral livre inoubliable.

Mon avis :
Chef d’œuvre ! « C’est ainsi que nous gagnons ! »
Olympien, fabuleux, « Les Oiseaux du temps » est une aurore boréale. Une noria littéraire de haute voltige. Ce conte fantastique, poétique, symbolique est le culte éditorial. Plus qu’une fierté de lecture, il est la voie des possibles.
« Cette lettre est destinée à être lue une fois, puis détruite. Dans les instants qui précèdent la fin du monde, elle la relit. »
Bleu et Rouge. Ne perdez pas des yeux ces deux prénoms, femmes encerclées dans un entre monde légendaire, ennemies, territoires de griffes et de sang. Dualité écartelée, les camps s’affrontent étranges (ers), futur et passé, l’Histoire du monde borde les lignes, messages subliminaux. L’amour ici, divin, pur, à mille mille des diktats est essentialiste. Le danger d’aimer l’ennemie malgré les risques, jouer aux balles avec la métaphysique. Les paraboles plumes et la soie du sublime transcendent la trame belle à couper le souffle. Les lettres reçues, cachettes grottes, os messagers, pilules divinatoires. On imagine ces guerrières affronter les hiérarchies mentales envers et contre tout.
« L’Atlantide sombre » « Bien fait pour elle. Rouge déteste cet endroit. Pour commencer, il y a tant d’Atlantides, toujours en train de sombrer dans tant de brins. Une île au large de la Grèce, un continent au milieu de l’Atlantide, une civilisation préminoenne en Crête. »
On aime le souffle de ce livre perpétuel. Rouge et Bleu, reliées en songe,égarées, les mirages, signes des temps, pas des hommes, les passions en risque et péril. S’écrire dans la fusion des volcans, des herbes brûlées, des mains ennemies rouge sang, bleu céleste. Écoutez :
« J’ai été des oiseaux et des branches. J’ai été des abeilles et des loups. J’ai été l’éther inondant le vide entre les étoiles, enchevêtrant leur souffle en réseaux de chansons. »
On ne sait où les regards de Amal El-Mohtar & Max Glastone arrivent à joindre la même rive. Les mots épiphanies, siamois et souverains sont socle et merveille, bleu et rouge, osmose parabolique. Ici, c’est le langage des quatre éléments, le macrocosme de l’éblouissement, le summum de l’Histoire des Hommes.
« La défaite me manque. La chasse, la fureur. Les victoires bien méritées. »
« L’été s’installe comme une abeille sur un trèfle. » « Je veux que tes appétits égalent mon désir de les satisfaire, une lettre-graine après l’autre. »
Le charme de ce miracle littéraire est conjugaison, sève et intuition. « Les Oiseaux du temps » plumes gémellaires Bleu et Rouge dont je rêve de pénétrer la chair et l’esprit.
« J’écris en lettres de feu dans le ciel, une chute qui égale ton ascension. »
Écoutez amis, ce moment retenu entre le fil d’or de ce livre :
« Des fleurs poussent, loin sur une planète qu’ils appelleront Céphale, et ces fleurs ne fleurissent qu’une fois par siècle, quand l’étoile vive et le trou noir qui lui correspond entre en conjonction. Je veux t’en faire un bouquet cueilli sur une durée de huit cents ans, afin que tu puisses embrasser d’un regard notre engagement tout entier, tous les âges que nous avons façonnés ensemble. »
« Les Oiseaux du temps » est plénitude et sérénité. Théologal, l’amour relie deux ennemies, oiseaux des limbes et fiançailles des canevas du monde. Ce livre n’est pas. Il est au-delà de tout entendement. Universel, solaire, colibri et plume au vent. « Les Oiseaux du temps » est une chance de survie. Le lire est rédemption et croyance. Le plus fin duvet est à lui seul un message. J’ai pleuré sous la beauté intrinsèque. J’ai désiré être Bleu ou Rouge, le cachet, la cire, le poison, le temps, la tragédie, l’hymne, « une lettre-graine après l’autre », une flamboyance à l’aube-née. N’oubliez pas le sceau du livre : Le Prix Hugo, Locus et Nebula 2020. Traduit avec brio de l’anglais par Julien Bétan. Publié par les majeures Éditions MU.