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12 décembre 2023

Le vent léger Jean-François Beauchemin Éditions Québec Amérique

Le Vent léger de Jean-François Beauchemin - Livre - Decitre

Le vent léger

Jean-François Beauchemin

Éditions Québec Amérique

En librairie le 14 janvier 2024

Le Vent léger de Jean-François Beauchemin - Livre - Decitre

Mon avis :

Crépusculaire, irradiant, « Le vent léger » est le souffle de vie. Existentiel, bleu-nuit, il est le fronton de l’amour. Sa beauté est le regain pour demain. C’est le livre de l’immensité, l’acuité boréale du renom.

C’est une histoire tremblante de chagrin. On retient le sablier entre nos mains,  comme les mots qui excellent de grandeur.

Les larmes coulent. Les pages sont à l’instar d’un collier, dont on égrène chacune des perles, comme l’arbre de vie.

C’est ici, dans le cœur de ce récit qu’hurle un chant désespérément magnifique.

L’ère des grandes importances, le vent léger comme un cerf-volant en plein ciel. Ne pas craindre de prendre froid, malgré les douleurs-abîmes. L’hymne à la mère. L’apogée théologale, dont on écoute la révélation au monde. Nous sommes au Québec. Dans l’orée de l’automne mille-neuf-cent-soixante-et-onze. Une famille, cercle, socle, fusion. Six enfants reliés à la chaîne philosophique. La généalogie plus forte que la mort. Elle rôde ici, insidieuse, mesquine. Mais la spirale est un contre-poids et l’aube nouvelle.

Elle emporte avec elle, l’inaltérable, la maladie incurable de cette maman, qui respire le vent léger. Elle prend ses forces dans la grandeur de sa famille. Soudés, tous, un pour tous et tous pour un. La trame est un joyau du réenchantement. L’éminente compréhension du temps présent. Cette fratrie est élevée dans cette orée où un sourire devient le pain quotidien. L’olympien d’une sérénité qui bouscule le désespoir.

« L’innocence nous revient-elle après nous avoir quittés ? C’est ma mère enterrée sur le bord de son corps et de mon inépuisable passé. »

Enfants concorde, tous en désir d’un avenir, semblable aux enseignements d’un père. Lui, pétrifié de douleurs, comme une bougie qui coule et se fige. Lui, qui voit les sanglots de pluie sur la fenêtre de l’antre. Et pourtant, sa voix carillonne dans la haute montagne de la tendresse. Vivre l’instant présent comme le vent léger. Litanie-berceau, ne jamais oublier le silence dans cette chambre où cette jeune mère va perdre ses oisillons, un à un. La musique est une force. On entend sa voix comme un enfantement pour l’au-delà. Elle cueille les tendresses et les caresses, les sourires de ses petits, comme une énergie pour l’après. Ne rien faire voir. Donner les cartes d’images comme le vent léger en plein désert de la finitude.

Elle est le levier, les leçons de vie, le solfège de la maternité. Le père est un sage. L’hédoniste qui fait saillir les forces vives. Cercle qui va perdre la matrice.

« Faites de votre mieux, commença-t-il. Mais si les circonstances vous forçaient un jour à choisir, réussissez votre vie plutôt que votre œuvre. »

Ce livre est un levier. Il approche pas à pas, la main tendue, les clefs pour demain. Écrire ainsi, est un hommage à la littérature.

« Je pense qu’il est seulement venu nous rappeler ce que maman nous a dit un jour, à savoir que même si les gens meurent, ça n’est pas une raison pour ne pas aimer vivre. »

« Ce qui nous émouvait aussi de l’avenir, c’est que, en pensée, nous y rejoignions toujours notre mère. »

L’éphéméride d’une famille aimante. La voix du narrateur enlève les croix des jours passés. C’est l’autre dimension qui encense la marée-basse. Lorsque résistent les paraboles et les images, cette mère dévorée de douleurs, et qui ne rend visible que l’invisible. Ce livre est une source pour calmer la soif des peines. Changer l’eau en grâce parentale.

« Nous connaissions ce subterfuge issu de l’enfance : lorsque vous n’avez plus les mots qu’il faut, vous faites un dessin. »

« Le vent léger » est un bouquet d’altruisme. La foi en la vie. Le Québec et son évènementiel pour adoucir le poids des choses.

Ce livre de salut est bouleversant, lumineux. Le vent léger à l’instar d’une farandole consolante. C’est un livre perpétuel, dévorant de sentiments. Un marque-page d’exemplarité pour demain. La beauté douloureuse et la mort comme la dernière marche du mot.

On pleure et on vacille. La résistance des vertus d’amour prend la main, et devient notre guide.

La beauté de la raison. Un livre inoubliable. Le vent léger comme la grâce de l’entendement.

Jean-François Beauchemin vient de mettre au monde son vingt-sixième ouvrage. C’est celui-ci. Prenez soin de ce parchemin, il est l'apothéose de la bonté. 

Publié par les majeures Éditions Québec Amérique.

 

 

 

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